Nobel, Goncourt et best-sellers: année faste pour Actes Sud

Par @Culturebox
Mis à jour le 04/11/2015 à 14H32, publié le 03/11/2015 à 19H21
Mathias Enard, quelques minutes après son Goncourt au Drouant

Mathias Enard, quelques minutes après son Goncourt au Drouant

© Thomas Samson / AFP

Un Nobel, Svetlana Alexievitch, un Goncourt, Mathias Enard, et deux gros best-sellers, Millenium 4 et "Le charme discret de l'intestin": 2015 est une année faste pour Actes Sud.

"C'est juste extraordinaire", dit Estelle Lemaître, la responsable de la communication de la maison d'édition basée à Arles (Bouches-du-Rhône) qui a publié "Boussole". Tiré initialement à 58.000 exemplaires, le livre va être réédité dès mardi à 200.000 exemplaires supplémentaires.

Pendant des années, les prix littéraires ont été dominés par les trois grandes maisons que sont Gallimard, Le Seuil et Grasset, parfois moquées sous le sobriquet de "Galligraseuil".

L'éditeur en vue

Actes Sud publie également Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature 2015, la série de polars suédois "Millenium", imaginée par Stieg Larsson et poursuivie par David Lagercrantz, et le best-seller mondial "Le charme discret de l'intestin" de l'Allemande Giulia Enders, longtemps numéro un des ventes en France. Editeur discret, Actes Sud est devenu l'éditeur en vue.

Cette maison a été créée en 1978, par Hubert Nyssen (disparu en 2011) et son épouse Christine Le Boeuf dans une bergerie provençale. Depuis 1983, Actes Sud est installée au bord du Rhône, place Nina-Berberova du nom de leur premier auteur à succès en 1985. C'est Hubert Nyssen qui a découvert la romancière russe, auteur notamment de "L'accompagnatrice".

Actes Sud affiche un chiffre d'affaires d'environ 71 millions d'euros (2014). Elle compte 298 salariés et contrôle plus d'une dizaine d'autres maisons dont Payot & Rivages, Actes Sud Junior, Babel, Solin, Le Rouergue, Jacqueline Chambon, Sindbad. C'est la fille d'Hubert Nyssen, Françoise Nyssen qui tient les commandes.

Pas de comité de lecture

Contrairement à d'autres maisons, il n'y a pas de comités de lecture chez Actes Sud. Chaque projet est porté par un seul éditeur. Ainsi, c'est Michel Parfenov qui suit personnellement la Bélarusse Svetlana Alexievitch qui, avant son Nobel, avait reçu en 2013 le Medicis Essai pour "La fin de l'homme rouge".

"L'enthousiasme est notre unique carburant", aime dire Bertrand Py, directeur éditorial de la maison.

Actes Sud a reçu son premier Goncourt en 2004 avec Laurent Gaudé pour "Le soleil des Scorta". En 2012, un deuxième Goncourt est attribué à un auteur d'Actes Sud, le romancier Jérôme Ferrari pour "Le sermon sur la chute de Rome". En 2014, Kamel Daoud a manqué d'un cheveu le Goncourt pour "Meursault, contre-enquête" (il a obtenu en revanche le Goncourt du premier roman en mai
2015).

En 2002, il y avait eu le premier prix Nobel de la maison grâce à Imre Kertész, couronné pour l'ensemble de son oeuvre.

Parmi les auteurs de la maison, figurent l'Américain Paul Auster, l'Espagnol Javier Cercas ou encore Nancy Huston, Prix Femina 2006 pour "Lignes de faille".

Mathias Enard a reçu le Goncourt des lycéens en 2010 pour "Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants" chez le même éditeur.