"Une main encombrante", le cadeau surprise d'Henning Mankell aux fans de Wallander

Publié le 15/10/2014 à 15H27
Henning Mankell en 2013 à Lyon

Henning Mankell en 2013 à Lyon

© C. VILLEMAIN/20 MINUTES/SIPA

Quatre ans après "L'homme inquiet" supposé clôturer la remarquable série d'enquête du commissaire Wallander, Henning Mankell a accepté d'enrichir un récit publié en Suède il y a quelques années. Voici donc "Une main encombrante", un 12e "épisode" inattendu. Promis, jure Mankell, c'est vraiment le dernier !

Divine surprise. Après le recueil "La faille souterraine", rassemblant des textes consacrés aux débuts du commissaire, il en restait donc un. Enfin, pas tout à fait. Une première version de cette aventure avait été publiée il y a quelques années, sous la forme d'une nouvelle, que la BBC a retrouvé et a adapté pour sa série TV. Henning Mankell a finalement accepté de la retravailler et de l'épaissir. Et il a bien fait. Cette "Main encombrante" est tout à fait à la hauteur des autres enquêtes. Un peu plus courte, elle vient s'intercaler juste avant "L'Homme inquiet" qui met un point final (là dessus, on ne change rien) à la série.
"Une main encombrante" Henning Mankell
On retrouve donc un Kurt Wallander en fin de carrière. Pas très loin de la dépression, toujours amer face à la tournure des événements, cette tendance de la police suédoise à lui demander du chiffre plutôt que des enquêtes, mais prenant les affaires à coeur comme au premier jour. Wallander essaie de se projeter dans sa vie d'après, une fois la retraite arrivée. Une compagne, peut-être, un chien, une maison. Une ferme scanienne, avec un peu de terres, si possible, et une vue agréable sur la campagne suédoise. Mais son budget ne lui autorise aucune folie.

Miracle, son collègue Martinsson va lui proposer de visiter une vieille maison appartenant à un cousin de sa femme. Le prix rentre pile dans les clous. La ferme est vieille, il y a du boulot pour la remettre à neuf, mais en la visitant, Wallander s'y voit déjà. Jusqu'au moment où il trébuche sur un quelque chose qui dépasse. Une main. Enterrée là depuis bien longtemps, des dizaines d'années, et que les mouvements géologiques ont sans doute fait remonter à la surface. 

Un projet immobilier de perdu, une enquête de trouvée. Et une drôle d'enquête, car il faut remonter loin en arrière, se plonger dans les archives et les souvenirs. Et cette fin d'automne qui tombe lourdement sur la Scanie, premières neiges, la lumière qui file. Pas de doute, on est bien chez Henning Mankell, aussi doué pour imprégner ses pages d'une ambiance unique que pour nouer et dénouer les fils d'enquêtes complexes. 

Avec ce bonus inespéré se referme définitivement la série Wallander - Mankell explique joliment en fin d'ouvrage pourquoi il ne dérangera plus son Commissaire retraité dans son "pays crépusculaire" - mais l'auteur suédois, qui soigne un cancer depuis un an, ne cesse pas d'écrire pour autant. Ses autres romans sont tout aussi remarquables, à l'instar d'Un paradis trompeur ou de l'Oeil du Léopard, à découvrir ! 

"Une main encombrante" d'Henning Mankell (Policiers Seuil) - 172 pages - 17,50 euros