Polars : la mort de P.D. James, la reine du suspense britannique

Par @Culturebox
Mis à jour le 27/11/2014 à 17H09, publié le 27/11/2014 à 15H00
La romancière britannique P.D. James au festival international du livre d'Edimbourg  en août 2006

La romancière britannique P.D. James au festival international du livre d'Edimbourg  en août 2006

© Pascal Saez / SIPA

La romancière britannique P.D. James, connue pour ses romans policiers haletants, est morte à l'âge de 94 ans, a annoncé jeudi sa maison d'édition. Surnommée outre-Manche "la reine du crime", elle s'est fait connaître avec les polars "Meurtres en blouse blanche", "Un certain goût pour la mort", "Meurtres en soutane" et "Le Phare".

Patricia Cornwell lui rend hommage

"C'est avec une grande tristesse que la famille de P.D. James annonce qu'elle est morte paisiblement à son domicile à Oxford dans la matinée du 27 novembre 2014 à l'âge de 94 ans", a annoncé la maison Faber&Faber.

Les hommages ont aussitôt afflué, du monde littéraire et d'ailleurs, à l'image de ce tweet du Premier ministre David Cameron célébrant une auteure qui aura "enchanté et inspiré des générations de lecteurs". 

"RIP PD James et merci pour m'avoir encouragé quand j'ai commencé", a réagi des Etats-Unis la grande prêtresse du roman policier américain, Patricia Cornwell. Son passage au département crime a beaucoup inspiré ses polars

Née le 3 août 1920 à Oxford, Phyllis Dorothy James, a quitté l'école à l'âge de 16 ans. Elle a travaillé ensuite pendant trente ans dans la fonction publique, d'abord dans le service public de la santé, le NHS, puis après la mort de son mari, au ministère de l'Intérieur, dans les départements crime et police.
   
Elle a beaucoup puisé dans ces expériences pour nourrir son oeuvre, même si elle a toujours regretté d'avoir attendu d'avoir quarante ans avant d'écrire son premier roman.
   
Publié en 1962, "A visage couvert" rencontre rapidement un succès d'estime, mais ce n'est qu'à partir de son huitième roman, "La Meurtrière", en 1980, qu'elle accède à une popularité internationale. "Le lundi, la semaine commençait comme d'habitude. Le vendredi j'étais millionnaire", dira-t-elle.

Au coeur de son oeuvre, le détective intello Adam Dalgliesh
Doyenne du roman policier britannique, P.D. James avait reçu de nombreux prix littéraires et vendu des millions d'exemplaires de ses romans dans le monde.

La plupart de ses livres mettent en scène l'élégant détective Adam Dalgliesh, fameux inspecteur de Scotland Yard. Un personnage dont les enquêtes ont été adaptées avec succès au petit écran, dans des séries en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. 


Ses romans "évitaient les stéréotypes et abordaient des problématiques actuelles, dont les drogues, les mauvais traitements à enfants ou la contamination nucléaire", écrit le quotidien britannique The Guardian.

La plus insondable des enigmes ? L'humain

"Le plus grand des mystères et celui du coeur humain", déclarait P.D. James en 1997, rapporte le journal. "Et ce mystère concerne tous les bons romanciers", ajoutait-elle. "Je suis toujours interessée par ce qui rend les gens le genre de personne qu'ils sont."

Membre de la prestigieuse Chambre des Lords britannique, elle avait été annoblie par la reine en 1990 et avait reçu le titre de baronne.

Dans son dernier roman, publié en 2011, "La mort s'invite à Pemberley" (Fayard 2012), elle associait ses talents d'auteur à suspense à sa longue passion pour l'oeuvre de Jane Austen en imaginant une suite à "Orgueil et préjugés".