"Ne t’éloigne pas" de Harlan Coben : comme un petit goût d’inachevé

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/03/2013 à 20H46, publié le 19/03/2013 à 15H46
Harlan Coben vient de publier "Ne t'éloigne pas"

Harlan Coben vient de publier "Ne t'éloigne pas"

© PHOTOPQR/LE PARISIEN/Olivier Corsan

C’est un drôle de roman policier, un peu hybride, et qui laisse un sentiment mitigé : l’impression de l’avoir dévoré en boulimique affamé, et paradoxalement, de rester malgré tout sur sa faim.

L'histoire :

À la sortie d'un club de strip-tease, un homme et une femme disparaissent. Dix-sept ans plus tard, alors qu'un inspecteur tente toujours de percer le mystère, des secrets qu'on croyait soigneusement enterrés remontent doucement à la surface. Une nouvelle visite en enfer organisée par les méninges habiles du maître de nos nuits blanches.
Couverture de Ne t'éloigne pas Harlan Coben
Notre avis :

L’écriture enlevée, les descriptions, la complexité de caractère des personnages, le suspens, menottent le lecteur à l’ouvrage et ne lui laissent que peu de répit. On lit, on ne peut s’empêcher de lire encore, jusqu’au bout, ça prend la tête, on veut savoir. Il y a ces femmes, aux apparences tellement trompeuses, bien propres sur elles, rangées des voitures, aux allures de mère et d’épouse modèle ou de vierge effarouchée.

Au fond d’elles mêmes, pourtant, elles sont tout autre chose, accrocs aux soirées chaudes et arrosées ou bien tueuses sadiques amatrices de tortures sophistiquées. Il y a ces hommes, doubles eux aussi, qui disparaissent mystérieusement chaque soir de mardi gras pendant 20 ans, alors qu’on ne leur connaissait pas d’ennemis et dont on finit par découvrir les corps putréfiés, entassés au fond d’un puits. L’intrigue révélera qu’ils étaient loin d’être de blanches colombes et que la vengeance est toujours un plat qui se mange « cadavériquement » froid 

Autant d’éléments tiennent en haleine, donc, jusqu’aux ¾ du livre. Et puis finalement, on est un peu déçu par la chute, moins spectaculaire qu’on ne s’y attend, un peu banale, voire caricaturale. Le dénouement est tellement « gore » qu’il en devient grotesque, le mobile de l’assassin est tiré par les cheveux… On se dit « tout ça pour ça », et on range « Ne t’éloigne pas » dans la bibliothèque, comme un bon bouquin, mais pas impérissable.

« Ne t’éloigne pas » de Harlan Coben (Belfond Noir) 374 pages - 19,90 euros