L'ancien maire de Londres Boris Johnson gagne un concours de poèmes satiriques sur Erdogan

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/05/2016 à 16H06, publié le 19/05/2016 à 14H59
Boris Johnson, l'ancien maire de Londres, avril 2016

Boris Johnson, l'ancien maire de Londres, avril 2016

© JUSTIN TALLIS / AFP

Un "concours de poèmes insultants" envers le président turc Recep Tayyip Erdogan organisé par un hebdomadaire britannique a consacré jeudi un vainqueur inattendu en la personne de Boris Johnson, ancien maire de Londres et principal avocat d'un Brexit ("Britain exit").

Le magazine conservateur The Spectator a lancé l'initiative en guise de solidarité avec l'humoriste allemand Jan Böhmermann. Celui-ci est poursuivi en Allemagne pour un poème dans lequel le président turc est traité de pédophile et de zoophile.

Dans une interview au Spectator et à l'hebdomadaire suisse "Die Weltwoche", Boris Johnson, qui a l'ambition de devenir Premier ministre, a qualifié ces poursuites de "scandale". "Si quelqu'un veut faire une blague sur l'amour qui fleurit entre le président turc et une chèvre, il devrait pouvoir le faire, dans n'importe quel pays européen, y compris en Turquie", a-t-il dit.

Jamais avare de bons mots, l'excentrique "BoJo" s'est ensuite lancé, à la demande des journalistes qui l'interviewaient, dans un "limerick", un poème humoristique de cinq vers, apparemment improvisé.

L'ancien maire de Londres, dont l'arrière grand-père était Turc, y évoque "un jeune gars d'Ankara" qui "sema l'avoine sauvage" avec "l'aide d'une chèvre", décrochant aussitôt la palme du "concours de poèmes insultants envers le président Erdogan", doté d'une récompense de 1.000 livres.

"En Grande-Bretagne nous continuons à respirer l'air libre"

Tout en assumant un certain manque d'objectivité, Douglas Murray, l'instigateur de ce prix pas très sérieux, s'est félicité de la victoire de Boris Johnson, un ancien journaliste qui fut un temps rédacteur en chef du Spectator. "C'est formidable qu'un leader politique britannique montre que la Grande-Bretagne ne va pas s'agenouiller devant le présumé califat à Ankara", a-t-il souligné au sujet du chef de file des pro-Brexit lors du référendum sur une sortie de l'Union européenne le 23 juin.

"Erdogan a beau mettre sous les verrous ses opposants en Turquie (...) en Grande-Bretagne, nous continuons à respirer l'air libre", a ajouté Douglas Murray. A la demande de M. Erdogan, la chancelière allemande Angela Merkel a autorisé en avril une procédure judiciaire rarissime pouvant valoir à Jan Böhmermann des poursuites pour insultes à un dirigeant étranger.

L'humoriste avait lu ce poème fin mars sur la chaîne de télévision publique ZDF, pour dénoncer la remise en cause des libertés publiques en Turquie.