La première des « petites scènes capitales » pour Lili, c’est celle d’une photo que lui montre sa grand-mère, il y a une mère et son bébé, le bébé c’est elle, la mère a disparu. Quand son père se remarie elle se trouve à 5 ans avec trois sœurs et un frère par alliance, avec ce décalage de fille unique qui peine à comprendre les relations familiales et que l’adolescence rend plus opaques. L’aînée devient rebelle, le garçon veut devenir moine, la cadette meurt et chacun part loin du foyer. Seule Lili reste en témoin muet de la tragédie familiale qui n’en a pas fini de révéler ses secrets, puis s’en va elle aussi étudier à Paris, change de cap en mai 68 pour l’expérience communautaire, poursuivant une quête de soi tâtonnante, traversée de rencontres, d’éblouissements solitaires, de révélations dont elle ne sait que faire. Plus qu’un roman familial c’est la recréation de scènes qui ont marqué les personnages, de l’enfance à l’âge adulte, de manière indélébile et souvent sous forme d’évocations très visuelles que Sylvie Germain explore. Elle en déroule le questionnement intime : secret des origines, terreur enfantine de l’abandon, constitution toujours incertaine de soi, effarement devant le mal et aussi, ce que l’amour veut dire, comment vivre avec ses morts, comment répondre à un appel plus grand que soi.

Sélection Prix Roman France Télévisions

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