Paludes, ou la semaine au jour le jour d'un littérateur en mal de voyage. Dans le microcosme étrangement fidèle que nous restitue le récit d'André Gide, domine la figure de Tityre, berger de tous les temps, habitant des marécages où fourmille une vie insolite. Mais quel est au juste ce Tityre, qui se nourrit de vers de vase, faute de pêches plus consistantes ? Richard, peut-être, l'orphelin besogneux par nécessité et pauvre par vertu, dévoué jusqu'à épouser une femme «par dignité, sans amour». Ou, plus simplement, le narrateur - cet amoureux - fou du changement qui, le cœur en fête, part en voyage avec Angèle mais ne va pas plus loin que Montmorency. Puisque, quelle que soit la direction choisie, l'individu revient toujours sur soi-même. «Recommencer ma vie ? s'interrogeait Gide dans son Journal. Je tâcherais tout de même d'y mettre un peu plus d'aventure.»Sous le couvert d'un dilettantisme savant, d'une fantaisie contrôlée avec art, voici le journal d'un homme qui dirigeait ses journées avec une enchantement mesuré et le sens aigu de la cadence. Faussement négligent, le ton ne manque en effet ni d'harmonie ni d'humour. Au besoin, l'auteur se livre à une satire décapante des gens de lettres, du philosophe au bel esprit.
Paludes
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