1760 p. - 55 €

Comme on lui demandait un jour s’il n’avait pas été tenté de varier son style, Jean d’Ormesson répondit qu’il était au contraire heureux d’avoir pu rester identique à lui-même. «C’est pour cela, précisait-il, que vous retrouverez, par clin d’œil et comme une marque de fabrique, dans cha- cun de mes livres un passage d’un livre précédent.» Le lecteur découvri- ra ces discrets rappels dans les quatre ouvrages ici réunis et dont – c’est la première vertu d’un tel recueil – l’unité saute aux yeux : la préoccupation essentielle de l’auteur et de ses personnages, le trait commun à toutes les histoires auxquelles ceux-ci donnent vie (récit d’une jeunesse, histoire d’un Empire, histoire d’une famille, histoire sans fin des pérégrinations du Juif errant), c’est le temps. Le temps qui dure, le temps qui passe, celui contre lequel on remporte parfois des victoires plus ou moins éphémères : «Il n’y a qu’une chose sous le soleil qui mette un terme, pour un temps, à l’écoulement perpétuel : c’est l’amour.» Entré en littérature pour des rai- sons (selon lui) «douteuses», Jean d’Ormesson a construit une œuvre sur le «mélange du temps historique et du temps individuel», en héritier de Chateaubriand («Chaque âge est un fleuve qui nous entraîne...») mais aussi, peut-être, de Borges : «La croyance générale a décidé que le fleuve des heures – le temps – s’écoulait vers l’avenir. Imaginer un sens contraire n’est pas moins raisonnable et en tout cas plus poétique.» Établi en lien avec l’auteur, préfacé par Marc Fumaroli, ce volume propose en outre, grâce à Bernard Degout, des notices retraçant la «carrière» des ouvrages inscrits à son sommaire, et de nombreux documents aujourd’hui inac- cessibles, comme le magnifique article par lequel Jacques Le Goff salua en 1971 La Gloire de l’Empire, «œuvre pionnière» marquant la naissance de «l’histoire-fiction».

Ce volume contient : Au revoir et merci - La Gloire de l'Empire - Au plaisir de Dieu - Histoire du Juif errant. Oeuvres de Jean d'ormesson
Mettre en avant le livre: