Mort du poète Claude Michel Cluny

Par @CocoJeammet Journaliste, responsable de la rubrique Mode de Culturebox
Mis à jour le 14/01/2015 à 14H28, publié le 14/01/2015 à 14H29
Couvertures de 3 ouvrages de Claude Michel Cluny 

Couvertures de 3 ouvrages de Claude Michel Cluny 

© DR

Le poète et écrivain Claude Michel Cluny, auteur d'une oeuvre foisonnante plusieurs fois récompensée par des prix prestigieux, est mort dimanche à Paris à l'âge de 84 ans, a indiqué mercredi son éditeur, La Différence.

Né le 2 juillet 1930 à Charleville (Ardennes), Claude Michel Cluny fut aussi critique littéraire et critique de cinéma, nouvelliste et romancier. Aux éditions de La Différence, il avait également dirigé à partir de 1988 la collection de poésie "Orphée".

En 1961, Claude Michel Cluny, qui vient de publier ses premiers poèmes ainsi que des notes critiques dans La Nouvelle Revue française, publie chez Denoël son premier roman, "La Balle au bond", qui sera suivi, en 1965, par son premier recueil de poèmes, "Désordres", accueilli par Georges Lambrichs dans la collection "Le Chemin". Il collabore alors aux Lettres françaises, à La Quinzaine littéraire dès sa fondation par Maurice Nadeau en 1965, et, à partir de mai 1967, tient la critique de cinéma dans La Nouvelle Revue française.

Il sera critique cinématographique au Nouvel Observateur de 1971 à 1973, critique littéraire au Quotidien de Paris de 1979 à 1986, ainsi qu'à L'Express de 1981 à 1996. Dans les années 1990-2000, Claude Michel Cluny assure la chronique de littérature étrangère du Figaro littéraire. Il rédige également de nombreux articles au Magazine littéraire, jusqu'en 2003. Pratiquant les mystifications littéraires, il a aussi écrit sous le pseudonyme d'Antonio Brocardo, ainsi que sous celui d'Harmodios de Cyrène, auquel il attribue une suite de fragments intitulés "Feuilles d'ombre" (La Différence, 1987). Il est notamment l'auteur de "Hérodote Éros", "Les Dieux parlent" et "Inscriptions", réunis dans le recueil "À l'ombre du feu", en 2001. 

En 1986, Claude Michel Cluny a été couronné par le Prix Guillaume Apollinaire pour "Asymétries" avant de recevoir le Grand prix de l'Académie française poésie, en 1989, et le prix européen Léopold Sédar Senghor, en 2012, pour l'ensemble de son oeuvre poétique. Le prix Renaudot de l'essai lui avait été attribué en 2002 pour "Le Silence du temps", premier tome de son journal. La guerre avait marqué son enfance en région parisienne, lui inspirant un récit autobiographique, "Sous le signe de Mars" (La Différence, 2002). Il avait fait plusieurs fois le tour du monde et son oeuvre témoigne de cette importance du voyage dans sa vie.