Marie-Sabine Roger fait sa rentrée avec un roman et un film

Par @Culturebox
Publié le 20/08/2014 à 15H43
Marie Séverine Roger

Marie Séverine Roger

© John Foley/Opale Editions du Rouergue

Marie-Sabine Roger joue les stars en cette rentrée avec au programme un nouveau roman plein de fantaisie, "Trente-six chandelles", et un film jubilatoire, "Bon rétablissement", deuxième adaptation d'un de ses livres par Jean Becker.

Le roman, saga familiale à la fois tragique et hilarante publiée mercredi par Le Rouergue, précèdera de quelques semaines le film de Becker, avec Gérard Lanvin et Jean-Pierre Darroussin. En salles le 17 septembre, il est présenté en avant-première au Festival du film francophone d'Angoulême, du 22 au 26 août. La romancière en est également co-scénariste.
"Bon rétablissement" : la bande-annonce
En 2010, le réalisateur de "L'été meurtrier" avait déjà porté avec succès à l'écran l'un des précédents romans de Marie-Sabine Roger, "La tête en friche", avec Gérard Depardieu et Gisèle Casadesus.

Humaniste et bourré d'humour, "Bon rétablissement", Prix des Lecteurs de L'Express 2012, raconte l'histoire d'un veuf misanthrope, Jean-Pierre, cloué sur son lit d'hôpital après un accident. Contraint à l'introspection et au commerce avec les humains qu'il fuyait auparavant comme la peste, le vieux grincheux s'ouvre peu à peu aux autres et à la vie. 

"Lorsque j'écris, je ne me pose pas la question de l'adaptation. Cela changerait l'écriture", dit à l'AFP la romancière, petite brune à l'accent chantant, qui vient de s'installer en Charente. "Je n'imagine pas non plus les acteurs".

"Mais le casting est malin. Gérard Lanvin joue à merveille le misanthrope finalement plein d'humanité. De même Depardieu, dans la 'Tête en friche', s'était magnifiquement emparé du personnage. En voyant le film, j'avais été émue comme un spectateur lambda".

Née à Bordeaux en 1957, enseignante pendant dix ans, auteure d'une centaine de livres jeunesse depuis 1989 et de six romans adultes, Marie-Sabine Roger a vécu dans le midi mais aussi au Québec, à Madagascar ou La Réunion.

Pour "Bon rétablissement", "j'ai travaillé sur le scénario avec Jean Becker et Jean-Loup Dabadie. Jean restait le chef d'orchestre. Ce n'est pas évident de scénariser son propre roman, de lâcher son bébé!", sourit cette dialoguiste hors pair.
"La Tête en friche" : la bande-annonce
Travail d'adaptation
"Jean Becker a été très fidèle au roman dans 'La tête en friche'. Cette fois, il s'en est plus éloigné car il s'agit d'un huis clos dans une chambre d'hôpital. Pour aérer le film, il a ajouté un personnage, des pans de vie au héros...".

"Sur le tournage, c'était très émouvant de voir mes héros incarnés. Ce sont les personnages qui me guident. Je m'attache à eux et cela me fend le coeur de les quitter quand le roman est fini".

"J'ai besoin de me raconter des histoires qui me font du bien. Depuis 'La tête en friche', il y a beaucoup plus d'optimisme et d'humour dans mes livres, même si les thèmes restent graves. La vie est dure et les lecteurs ont envie de rire, de rêver". Dans "Trente-six chandelles", il y a aussi "un univers onirique, inédit jusqu'ici dans mes romans adultes".

Sur son lit, en costume noir, Mortimer Decime se prépare à mourir le jour de ses 36 ans, comme tous ses ascendants mâles. Il a quitté son travail, résilié son bail, mais la malédiction familiale l'épargne. Il lui faut apprendre à vivre. Pas évident quand un destin funeste a toujours pesé sur vos épaules. Paquita, Nassardine, Jasmine... Toute une galerie de personnages hauts en couleurs, un humour irrésistible, doublé d'un parfum de conte de fée, accompagnent le héros du livre. 

Ce roman pose des questions existentielles: Où est notre libre arbitre ? Vit-on vraiment quand on croit connaître son avenir? Mortimer est obnubilé par sa mort annoncée et cela le tétanise. "J'avais été très marquée par un voisin qui racontait que tous les hommes de sa famille mourraient à 44 ans. Il prétendait ne pas trop y croire. Mais, le jour de ses 44 ans, il a eu un accident mortel...", explique l'auteure.

 Quant à son propre avenir, Marie-Sabine Roger, dont deux des enfants sont acteurs, adorerait se lancer dans le théâtre. "J'y travaille", confie-t-elle.