Marcus Rediker retrace l'odyssée des "Révoltés de l’Amistad"

Par @Culturebox
Mis à jour le 07/12/2015 à 16H04, publié le 07/12/2015 à 15H37
"Les révoltés de l'Amistad"

"Les révoltés de l'Amistad"

© FranceÔ / culturebox

L’Amistad… C’était un film de Steven Spielberg en 1997. L’histoire d’un bateau négrier au large de Cuba, de la révolte de ses esclaves et du procès qui s’ensuivit aux Etats-Unis. C’est aujourd’hui un livre aux éditions du Seuil, signé par un historien américain, Marcus Rediker.

Pour "Les Révoltés de l'Amistad, Une odyssée atlantique (1839-1842)", Marcus Rediker, représentant de l’école de "l’Histoire d’en bas" a réussi à donner vie à toute l’histoire : grâce aux témoignages retrouvés des véritables héros de cette révolte exemplaire. L’historien a même fait le voyage d’où étaient partis les insurgés africains, en Sierra Leone, pour rencontrer les descendants des révoltés de l’Amistad.

Markus Rediker n’est pas seulement un habitué du récit historique qu’il déploie avec talent. Pour cet historien soucieux d’enquête au plus près des acteurs même des événements, il est important de redonner la parole « à ceux d’en bas », par opposition aux récits institutionnels ou officiels.

Déjà dans « À bord du négrier, Une histoire atlantique de la traite » (aux éditions du Seuil avec le même traducteur Aurélien Blanchard), l’universitaire de Pittsburg, spécialiste de piraterie, racontait « le quotidien des esclaves, confrontés à la faim, à la maladie », tout en accordant une large part aux conflits et modes de coopération entre esclaves, issus de diverses ethnies, capables de s'organiser pour mener des révoltes à l'issue souvent sanglante.

On retrouve cette perspective culturelle dans ce nouvel essai, « Les Révoltés de l'Amistad, Une odyssée atlantique (1839-1842) », où Rediker consacre un large développement non seulement aux diverses personnalités des captifs mais aussi à leurs cultures et à leurs langues d’origine. L’Amistad, du nouveau d’un navire négrier espagnol (« amistad » signifie « amitié » !) est un cas exemplaire de révoltes d’esclaves qui a réussi mais aussi le symbole d’une rencontre entre un événement singulier (la mutinerie) et l’Histoire de l’abolition, alors en marche aux Etats-Unis.

Reportage: Christian Tortel, Emmanuel Morel, Raël Moine; Montage : Monique Bergeron. Mixage : Leo Friez

Interview à Paris : Françoise Vergès, chaire « Suds et globalisation », Collège d’études mondiales, Paris
Interview à Paris : Markus Rediker, Professeur d’Histoire atlantique, Université de Pittsburgh

Marcus Rediker, "Les Révoltés de l’Amistad, Une odyssée atlantique (1839-1842)", Le Seuil