Manuscrits de Tombouctou : la numérisation, "rempart contre l'obscurantisme"

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/01/2013 à 11H12, publié le 19/01/2013 à 15H58
Des trésors classés au patrimoine mondial mais en danger

Des trésors classés au patrimoine mondial mais en danger

© EVAN SCHNEIDER / UN PHOTO / AFP

Alors que le Mali est en proie aux combats depuis une semaine, au même moment à Lyon se tenait une rencontre autour des manuscrits de Tombouctou (nord Mali). En 2008, l’INSA et l’ENS de Lyon ont commencé la traduction et la numérisation de ces trésors historiques. Interrompue en mars dernier à causes des combats, cette collaboration revêt aujourd'hui un caractère de résistance.

Face aux récents évènements, l’inquiétude quant au sort réservé à ces manuscrits classés au patrimoine mondial  a grandi d’un cran. La directrice générale de l'Unesco Irina Bokova a appelé mardi les forces militaires maliennes et françaises à protéger le patrimoine culturel du Mali, déjà gravement endommagé à Tombouctou. Quant au journaliste Jean-Michel Djian qui a publié en 2012 un ouvrage consacré à ces manuscrits de Tombouctou, il a pour sa part indiqué qu’une partie d’entre eux sont partis clandestinement à Bamako, ils sont cachés et une partie est à Paris ».

Un projet maintenu envers et contre tout

Ce projet est né dans le cadre d’une coopération décentralisée entre la région Rhône-Alpes et celle de Tombouctou. Ce sont elles qui ont confié à l'Institut National des Sciences Appliquées de Lyon la numérisation de certains manuscrits et à l’Ecole Normale Supérieure leur traduction. Rhône-Alpes a ainsi accordé une aide de 300 000 euros à l'INSA pour ce projet.
Concrètement, l’Insa a installé un équipement de numérisation à l’Assemblée Générale de Tombouctou et notamment un scanner qui permet de numériser sans émettre de rayons ultraviolets, ni d’infrarouges. Un technicien a été formé pour réaliser ce travail qui a pu se dérouler de septembre 2009 à mars 2010. Une centaine de manuscrits (sur plus de 4500) détenu par un propriétaire privé, a pu être numérisé mais avec les tensions et les combats, cette sauvegarde a été suspendue. "Malgré tout" a rappelé Jean-Jack Queyranne,
président de la Région,  "il faut continuer ce travail de numérisation qui est un rempart contre l'obscurantisme".