Livre numérique : les auteurs "hostiles" aux abonnements à accès illimité

Par @Culturebox
Mis à jour le 22/12/2014 à 17H08, publié le 22/12/2014 à 16H57
Une tablette de lecture Kindle d'Amazon.

Une tablette de lecture Kindle d'Amazon.

© David McNew/Getty Images/AFP

La Société des gens de lettres, qui représente quelque 6000 auteurs, s'inquiète des nouveaux modèles de diffusion du livre numérique. Et en particulier des formules d'abonnement avec accès illimité, tels que le Kindle Unlimited d'Amazon, auquel elle se dit "résolument hostile".

Pour la SDGL, cela revient "à nier la valeur du livre"

Le Kindle Unlimited d'Amazon vient d'être lancé en France. Il s'agit d'un genre de Deezer du livre : moyennant moins de 10 euros par mois, ce nouveau service d'abonnement du géant américain offre à ses clients un accès illimité à une vaste sélection de livres numériques.

Cela revient à "nier la valeur du livre", estime la Société des gens de lettre (SGDL) dans un communiqué publié lundi. Au-delà d'Amazon, "ces nouveaux modèles de diffusion du livre numérique inquiètent fortement la SGDL", qui rappelle les critiques des musiciens et chanteurs contre la faiblesses des revenus issus de la consommation de la musique en ligne.
   
"Nous ne connaissons pas aujourd'hui les conditions de rémunération des éditeurs dans le cadre du service proposé par Amazon et encore moins celles des auteurs", remarque la SGDL dans un communiqué.
   
Ce modèle est-il compatible avec la loi sur le prix unique du livre ?

Si pour le moment la part de marché du numérique est encore faible en France, la Société des gens de lettres s'inquiète aussi de l'incidence de cet accès illimité sur les ventes de livres imprimés. Inquiétude qui englobe également les modèles de diffusion du livre numérique en bibliothèque actuellement proposés par les éditeurs.

Enfin se pose la question de la légalité d'une telle offre: les formules d'abonnements illimités sont-elles compatibles avec la loi sur le prix unique du livre numérique lorsqu'elles sont le fait d'un distributeur et non d'un éditeur ? "Il nous semble que non", répond la SGDL.

La défiance des éditeurs français

Pour Vincent Monadé, président du Centre National du Livre (CNL), "la faiblesse de l'offre en français (du nouveau service d'Amazon) démontre la légitime défiance des éditeurs français sur cette proposition émanant d'un opérateur qui, jusqu'à présent, a surtout refusé de jouer le jeu du respect de la chaîne du livre et de la fiscalité de notre pays".
   
Pour les fêtes, "si vous voulez bénéficier d'un choix illimité, allez en librairie !", ajoute Vincent Monadé.
   
Quant à Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livre (Lagardère), premier groupe d'édition en France, cité par le communiqué, il estime que ces modèles n'ont "aucun sens sinon celui de la destruction du modèle économique".