Ayant appris qu'en terre de France, les demoiselles ont la cuisse fine et les reins chaloupés, Mony Vibescu, hospodar héréditaire roumain, entreprend un périple qui doit le conduire de Bucarest à Paris. Pour ne rien sacrifier à l'ennui du voyageur, le prince donne à son expédition des allures de pérégrinations expérimentales s'essayant à de multiples combinaisons et à autant de pratiques aussi délicieuses pour lui que licencieuses pour le monde, il conçoit bientôt qu'il n'est de jouissance plus intense que celle de pulvériser les codes de la bienséance amoureuse et de renverser les positions convenues ! Et c'est en touche à tout de la chair qu'il gagne sa destination parisienne, d'où il repart bientôt pour les contrées de Chine où l'on dit que tous les horizons de l'érotisme gagnent à être dépassés…

Véritable scandale du monde littéraire des années 1900, Les Onze Mille Verges est le roman de tous les excès d'une culture poétique désireuse d'outrepasser les tabous sociaux et de s'emparer de tous les sujets pour fabriquer le beau. Mais c'est aussi un conte politique qu'on a rapproché et de l'œuvre de Rabelais et de celle de Voltaire pour ce qu'il disait en filigranes, et sous des dehors de délire bouffon, scabreux et obscène, de la fragilisation des équilibres européens, des fanatismes meurtriers de la Serbie, de la montée en puissance du Japon et de la déliquescence des empires.

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