Le 3 juillet 1883, Franz Kafka naît à Prague. C'est l'atmosphère de ce vieux centre de Prague qui forme la silencieuse toile de fond de l'œuvre de Kafka. Constituée de trois communautés, Prague est peuplée d’une minorité  d’Allemands, haute bureaucratie, de Tchèques, fond de la population laborieuse et  de Juifs, de professions libérales et commerciales. Les Juifs sont soumis à d’incessantes vexations et discriminations. Cette « petite mère »  qui l’a pris dans ses griffes engendre sous la plume de Kafka une nouvelle forme de fantastique. Kafka commence à écrire vers 1897-1898, « avec désespoir », dit-il dans son journal, conscient de sa singularité. À l'automne 1902, il fait la connaissance de l'écrivain Max Brod.  En 1906, devenu docteur en droit, il entre dans la succursale de la Compagnie d’assurance pragoise de Trieste. La vie de bureau lui pèse et représente l'empêchement majeur au plein épanouissement de son activité littéraire. Quand il doit consacrer provisoirement ses heures de liberté à une affaire industrielle familiale, Kafka se sent au bord du suicide, qu'il frôlera à plusieurs reprises. Le 13 août 1912, au cours d'une soirée chez les parents de Max Brod, il fait la connaissance de Felice Bauer, originaire de haute Silésie. Pendant cinq ans, il mène un combat incessant et désespéré avec lui-même pour s'arracher la décision d'épouser cette jeune fille. Jamais, quelles que soient les rencontres, il ne parviendra à abandonner sa vie solitaire, la seule qui le laissait libre de créer. Le Verdict est rédigé, d’une seule  traite dans la nuit du 22 au 23 septembre 1912. Vers la fin de l'année, Kafka compose La Métamorphose publié en novembre 1915. Kafka commence Le Procès, roman inachevé, auquel il travaille pendant plusieurs années. En août 1917, l'hémoptysie se déclare. Kafka rédige un bouleversant document autobiographique, la Lettre au Père, qui n'a jamais été remise à son destinataire, la mère de Franz refusant de la transmettre. Longue de plus de cent pages, cette lettre est un véritable « procès » où Kafka analyse le conflit profond et insoluble dans les relations avec son père. « J'avais perdu devant toi ma confiance et, en échange, j'avais reçu un immense sentiment de culpabilité. En souvenir de cette immensité de découragement, j'écrivis un jour au sujet d'un de mes personnages avec juste raison : Il craint que la honte ne lui survive. »

Kafka est transporté dans un sanatorium, où l'on constate une laryngite tuberculeuse, puis transféré en avril 1924 dans une clinique à Vienne. Il meurt le 3 juin 1924. Il est enterré au vieux cimetière juif de Prague. Max Brod, son exécuteur testamentaire, édite ses œuvres contre la volonté de Kafka, qui lui avait demandé de brûler ses manuscrits.

 

 

Editions

- 1933 Folio classique Gallimard, traduction Alexandre Vialatte

- 1967 Les Bibliophiles du Palais

- 1976 Bibliothèque de la Pléiade / Gallimard (Réédition en 1995)

- 1976. Édition illustrée de deux lithographies en noir par Édouard Goerg. 200 exemplaires sur vélin d'Arches

- 2003 Édition Digipack 2 DVD

- 2006 Classiques et Contemporains Magnard

 

 

Adaptations

Film

- Le procès (1962) réalisé par Orson Welles, avec Anthony Perkins, Jeanne Moreau, Romy Schneider

 

Télévision

- Qui était Kafka, documentaire réalisé par Richard Dindo, diffusé le 26/01/2007 sur Arte : http://www.arte.tv/fr/qui-etait-kafka/1449208.html

- Emission « Apostrophes » du 27/01/1984  http://www.ina.fr/video/CPB84054702

 

Radio

- Emission « Mon Kafka » présentée par David Alon sur Radio Prague le 02/10/2004 : En 1998, sont réunis, sous le titre de « Mon Kafka ou l'Innocence diabolique », l'ensemble des écrits de Vialatte sur l'écrivain tchèque. Il en ressort un portrait complexe et inattendu, aux antipodes des stéréotypes attachés à Kafka et à son œuvre http://www.radio.cz/fr/rubrique/literature/alexandre-vialatte-mon-kafka

- France Culture, « Fictions / Le Feuilleton Le procès Franz Kafka (1/10) » par Blandine Masson (coordination)

- Emission « ça peut pas faire de mal » présentée par Guillaume Gallienne qui lit le début de La Métamorphose puis commente la vie de l’auteur sur France Inter le 09/06/2012 (http://www.franceinter.fr/emission-ca-peut-pas-faire-de-mal-l-oeuvre-de-kafka#comments)

 

 

Anecdotes

- Orson Welles aurait déclaré lui-même que Le Procès était son meilleur film.

- Une exposition a été consacrée à Kafka à l’occasion de son centenaire, au Centre Pompidou en 1983 http://www.centrepompidou.fr/media/imgcoll/Collection/DOC/M5050/M5050_A/M5050_ARCV001_DP-1995016.pdf

 

 

Analyses, découvertes

- Fiche de lecture, centrée sur l’absurde chez Kafka : http://pedagogie2.ac-reunion.fr/lyvergerp/francais/tpe/tpe_01-02_terl/absurde_kafka.htm

- La critique de la justice par Kafka : http://www.integrersciencespo.fr/blog/index.php?article133/la-critique-de-la-justice-par-kafka#.U3ixIChoKoU

- « Kafka en anamorphose », étude de Céline Barral (2013) : http://www.fabula.org/revue/document7655.php

- « Kafka : politique de l’inachèvement », étude de Sebastian Veg : http://www.fabula.org/colloques/document773.php

- Blog de Laurent Margantin sur l'oeuvre de Kafka, avec un dossier spécial consacré au centenaire du Procès : http://oeuvresouvertes.net/spip.php?rubrique143

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