Le prix Roger Nimier revient à Emilie de Turckheim

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/06/2015 à 16H31, publié le 02/06/2015 à 16H17
Emilie de Turckheim, écrivaine (2012)

Emilie de Turckheim, écrivaine (2012)

© BALTEL/LAMACHERE AURELIE/SIPA

Le 53e prix Roger Nimier a été attribué mardi à Emilie de Turckheim pour "La disparition du nombril" (Editions Héloïse d'Ormesson), une autofiction prenant la forme d'un journal de bord d'une femme enceinte de son deuxième enfant.

Du trait bleu à la naissance 

Cocasse et un brin impudique par sa sincérité crue, ce journal livre aux lecteurs les affres et les joies d'une grossesse : du trait bleu d'un test qui "déchaîne la joie" à la naissance neuf mois plus tard de l'enfant de la narratrice prénommée Emilie.

Emilie de Turckheim, 35 ans, avait déjà reçu le prix de la Vocation en 2009 pour "Chute libre" (Editions du Rocher), ainsi que le prix Bel Ami pour "Héloïse est chauve"(Héloïse d'Ormesson) en 2012. 

"Disparition du nombril" de Emilie de Turckheim, édition Héloïse d'Ormesson

"Disparition du nombril" de Emilie de Turckheim, édition Héloïse d'Ormesson

© DR

La narratrice, écrivain, visiteuse de prison à Fresnes, modèle nue pour étudiants en art, invite le lecteur à partager durant neuf mois et le long des quelque 200 pages de son récit son quotidien et ses états d'âme. Il faut ajouter qu'elle rédige une thèse sur la libido des jeunes homosexuels et est déjà mère d'un petit Marius.

Heureusement, cette jeune femme hyperactive sait aussi être ingénue, impertinente, et surtout drôle. Elle parvient à faire sourire quand elle parle des tribulations d'un cactus encombrant mais aussi de ses nausées. Elle raconte avec sincérité l'angoisse d'avoir un bébé trisomique, sa nostalgie pour des ex, son plaisir de poser nue ou ses rêves érotiques. Seul le nom du père de l'enfant à naître et l'identité de cet enfant resteront scellés.

La clé du journal se trouve peut-être dans ce conseil donné à son fils aîné: "Marius, j'aimerais te dire que ce qui dure n'est pas plus précieux que ce qui est fugace. Il n'y a que la joie qui compte."
 

Les Hussards

Créé en 1962, le prix Roger Nimier récompense chaque année un auteur dont l'esprit et l'oeuvre s'inscrivent dans la tradition du mouvement littéraire des Hussards, dont Nimier était le chef de file. 

Uniquement masculin, le jury 2015, présidé par Jean-Marie Rouart, comprenait notamment Michel Déon, Erik Orsenna, Eric Neuhoff, Florian Zeller, Patrick Poivre d'Arvor et Philippe Tesson.