Publié en 1907 deux ans après Monteriano, Le plus long des voyages est le deuxième roman de Forster : le plus autobiographique et celui qu’il était le plus heureux d’avoir écrit si l’on en croit l’introduction au roman qu’il écrivit en 1960, publiée ici pour la première fois en français.

Parce qu’il croit avoir découvert l’Amour, Rickie, jeune homme affligé d’une boiterie congénitale, quitte Cambridge où il avait trouvé sa vraie patrie dans la compagnie de ses pairs, pour « le plus long des voyages » – c’est-à-dire le mariage avec la très conventionnelle Agnès Pembroke. Devenu enseignant à Sawston dans une public school semblable à celle qu’il a détestée enfant, il tente sans succès de publier des contes (proches des nouvelles publiées par le jeune Forster). Sa vie « partirait en lambeaux » si dans l’Angleterre archaïque du Wiltshire (pendant de la Grèce et de l’Italie antique) ne surgissait un demi-frère ignoré, Stephen, né d’un amour passionnel de sa mère, qui fera voler en éclats les valeurs de Sawston et provoquera, en révélant la vérité, son propre effondrement psychique mais aussi « sa rédemption partielle ». Rickie se sacrifie pour son frère, qui est comme une part cachée de lui-même, et c’est Stephen qui assurera sa survie en publiant ses œuvres, faisant de lui un écrivain.

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