Le Nobel chinois de littérature loue le Parti communiste au pouvoir

Par @Culturebox
Publié le 07/01/2015 à 11H24
Le Chinois Mo Yan, prix Nobel de littérature  2012,

Le Chinois Mo Yan, prix Nobel de littérature  2012,

© ZHAO XIAOMING / IMAGINECHINA

Le Chinois Mo Yan, prix Nobel de littérature 2012, a fait l'éloge du Parti communiste au pouvoir et tressé des lauriers au président Xi Jinping, dans une interview qui devrait encore davantage irriter ceux qui l'accusent d'être un "poète d'Etat".

Même s'il affirme écrire "au nom du peuple chinois, et pas du parti", Mo Yan s'est vu reprocher par les dissidents chinois d'être le faire-valoir d'un
régime qui maintient en prison le prix Nobel de la paix 2010, Liu Xiaobo.

La dernière interview de l'écrivain, donnée la semaine dernière à l'agence nationale de lutte contre la corruption, confortera ses critiques. "J'estime que le Parti communiste chinois, plus que tout autre parti au monde, veut une Chine riche et puissante", a déclaré Mo Yan, qui est lui-même un membre éminent du parti unique. "Le président de notre pays, Xi Jinping, davantage que tout autre dirigeant dans le monde, souhaite la prospérité du peuple chinois", a ajouté le romancier, connu pour ses descriptions picaresques et son attachement à sa région rurale natale.

Dans cette interview Mo Yan apparaît soutenir la campagne anticorruption menée sous l'égide de Xi Jinping, en minimisant le fait que la forme même du régime, sans contre-pouvoir ni juges indépendants, favorise justement la corruption. Depuis qu'il s'est vu décerner son Nobel, Mo Yan est rompu aux exercices d'équilibriste pour convaincre qu'il reste une voix libre, sans fâcher le PC chinois qui l'a laissé devenir une figure établie du système étatique, dans un pays où les autorités contrôlent très strictement les affaires culturelles.

Mo Yan a été le deuxième écrivain de langue chinoise à être couronné par le jury Nobel. Avant lui, un premier écrivain né en Chine, Gap Xinjiang, dissident naturalisé français en 1997, avait obtenu ce prix en 2000. Mais l'information avait été censurée par la presse chinoise, et le gouvernement avait condamné un choix dicté selon lui par des motifs politiques.