Le livre surtaxé à 7%: colère et inquiétude des libraires

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 02/04/2012 à 12H23
Les livres objets de consomation

Les livres objets de consomation

© SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Ils avaient obtenu un délai de trois mois pour changer les étiquettes, mais cette fois, les libraires ne peuvent plus s'y soustraire : depuis le 1er avril 2012, la TVA sur leurs livres passe de 5,5 à 7%. La mesure continue de provoquer un tollé parmi les indépendants dont l'activité est déjà fébrile.

 

Après le bâtiment et la restauration, la TVA sur les livres augmente d'1,5% en ce premier avril 2012. Cette mesure censée rapporter 60 millions d'euros à l'Etat avait été annoncée en novembre dernier par le gouvernement, mais un délai de trois mois a été accordé à la profession pour afficher les nouveaux prix sur pas moins de 700.000 références commercialisées par 8000 éditeurs. Une tâche titanesque qui a un coût pour les responsables de points de vente.

Des marges rognées

Ce report n'a pas apaisé la colère des professionnels indépendants. Alors qu'en France, ce sont les éditeurs qui fixent le prix des livres, l'ensemble des gros ont répercuté la hausse de 1,5 %, la majorité des petits n'ont en revanche rien fait. Dans ce cas, c'est au libraire de rogner sa marge.

Or renoncer à 1,5% peut être disproportionné quand on sait que le taux de rentabilité d'une librairie sur un an est très faible : entre 0,5% et 1% d'après le Syndicat de la librairie française (SLF) qui à terme, craint que des commerces ne mettent la clé sous la porte.

Contexte fragile

Quant à la réaction des lecteurs qui payent eux aussi, l'addition puisqu'ils supportent la hausse des prix appliquée par les éditeurs, elle reste hypothétique. La filière n'ose pas envisager une baisse des ventes, l'augmentation de la TVA ne représentant que quelques dizaines de centimes d'euro par ouvrage.

Mais ce qui est sûr, c'est que ce relèvement de TVA n'aide pas une filière déjà fragilisée par la forte concurrence des grandes enseignes et la montée en puissance des ventes en ligne. Paradoxalement, Internet se retrouve d'ailleurs privilégié par la mesure prise par Nicolas Sarkozy pour compenser la hausse de la taxe sur le livre physique : le taux s'appliquant au livre numérique passe de 19,6% à 7%.

Journée d'action

450 libraires indépendants ont prévu d'interpeller les candidats à la présidentielle entre les deux tours de scrutin pour que le livre soit de nouveau considéré comme un bien de première nécessité bénéficiant du taux super-réduit.

A l'occasion de la fête de leur saint patron Jordi, alias Georges, le 23 avril, ils programment pour le 28 avril, une journée d'action. Les clients qui achèteront un livre ce jour-là, se verront offrir un autre livre et une rose. Un clin d'oeil non pas à un parti politique, mais à la Légende dorée de Jacques de Voragine dans laquelle un rosier fleurit dans la plaie ouverte du dragon terrassé par Saint-Georges.