Livres : Aurélie Filippetti part en guerre contre Amazon

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 13/09/2012 à 20H46
Aurélie Filippetti, ministre de la Culture.

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture.

© Pierre Verdy / AFP

Le célèbre site de vente en ligne Amazon "risque de tuer" les librairies indépendantes en France en contournant la loi du prix unique, dénonce la ministre de la Culture dans un entretien à plusieurs quotidiens régionaux de l'Est à paraître vendredi.

"Nous avons un réseau formidable de librairies indépendantes en France qu'Amazon risque de tuer. Il n'est pas normal qu'Amazon contourne par des prix bas la loi du prix unique en étant installé en Luxembourg et en ne payant pas de fiscalité juste en France", déplore Aurélie Filippetti.

La ministre, qui doit inaugurer ce vendredi le salon "Livre sur la place" à Nancy, premier rendez-vous littéraire de la rentrée, demande une réflexion "sur la fiscalité des plates-formes créatrices", telles qu'Amazon et Google. "Il est normal qu'elles participent au financement de la création, de la presse : tout ce qui crée la plus-value qu'elles font circuler sur leur réseau", estime-t-elle.

Controverse Wendel, suite
Aurélie Filippetti, originaire et élue de Lorraine, revient à cette occasion sur la polémique qui l'oppose à la société d'investissement Wendel, le mécène du Centre Pompidou-Metz à hauteur de 1,5 million d'euros par an depuis son ouverture en 2010, et dont elle avait déjà dénoncé "les conditions d'éthique ou déontologiques".

"Il y a des procédures fiscales en cours venues du précédent ministère des Finances (à l'encontre du groupe Wendel), instruit par la direction de la législation fiscale. Le mécénat permet une certaine défiscalisation, j'estime que cela doit bénéficier à des gens qui sont en règle avec le fisc", déclare la ministre.

"C'est un cas problématique pour moi, même s'il est isolé", avait-elle déclaré en juillet, suscitant la colère du groupe qui s'était dit "stupéfait" par les propos d'Aurélie Filippetti.

Le groupe Wendel, créé en 1704, était historiquement implanté en Lorraine via ses activités de sidérurgie, aujourd'hui abandonnées. C'est toutefois au nom de ce passé industriel que le groupe verse des dons au Centre Pompidou-Metz.