Le grand médiéviste Jacques Le Goff est mort

Par @Culturebox
Mis à jour le 04/04/2014 à 15H06, publié le 01/04/2014 à 13H45
Jacques Le Goff dans sa bibliothèque en 1999

Jacques Le Goff dans sa bibliothèque en 1999

© HADJ/SIPA

Le médiéviste français de renommée internationale Jacques Le Goff, l'un des pères de la "Nouvelle histoire", est décédé mardi à Paris à l'âge de 90 ans, a annoncé sa famille au Monde.

Héritier de l'Ecole des Annales
Pendant sa longue carrière, Jacques Le Goff s'est consacré à l'anthropologie médiévale, dont il a modifié l'approche en abordant tous les aspects de la vie en société. Dans la tradition des grands historiens français, ce médiéviste n'hésitait pas non plus à quitter sa période de prédilection pour aborder l'actualité.
Né le 1er janvier 1924, normalien, agrégé d'histoire en 1950, ce brillant historien succède en 1972 à Fernand Braudel à la tête de l'Ecole pratique des hautes études, devenue en 1975 l'Ecole des hautes études en sciences sociales.
Son premier livre, "Les intellectuels au Moyen Age" (1957), l'impose à seulement 35 ans comme l'héritier de l'Ecole des Annales, qui bouleversa l'approche historique dans les années 1930. Il dirigera d'ailleurs à partir de 1967 la prestigieuse revue des "Annales".
Suivront notamment "Marchands et banquiers au Moyen Age" (1957), "L'imaginaire médiéval" (1985) ou une biographie de "Saint Louis" (1995), une quarantaine d'ouvrages au total, parmi lesquels "La naissance du purgatoire" (1981) restait son préféré.  "Avant, il y avait l'enfer et le paradis. J'avais décelé un nouvel espace de l'au-delà", confiait-il en 2008 à l'AFP.
"La Nouvelle histoire"
Dans les années 1970, Jaques Le Goff a été l'un des pères du mouvement de "la Nouvelle histoire" et son travail de médiéviste s'est accompagné en permanence d'une réflexion sur le métier d'historien, avec notamment "Faire de l'histoire" (1986, avec Pierre Nora) ou "Histoire et mémoire" (1988). 
Jeune chercheur, Jacques Le Goff avait vécu en direct en 1948 à Prague la prise du pouvoir par les communistes. Lui-même se considérait comme un homme de gauche et militait pour une Europe unie, forte et tolérante. Parlant anglais, italien, polonais et allemand, il incarnait cette Europe du dialogue et de la culture qu'il appelait de ses voeux.