L’amitié est le seul lien d’intimité et de fidélité qui jamais ne fait l’objet de contrat. Deux amis ne consignent jamais leur confiance réciproque sur un bout de papier officiel. L’amitié s’éprouve ou s’use en liberté : en cela, elle est un pacte singulier, pas même contrainte par son étymologie qui laisse ouverte sa définition et toute interrogation quant à sa nature : amicus, l’ami, dérivé d’amare, signifie aimer. L’amitié serait-elle donc une émotion moins fragile que l’amour ? L’amitié n’existe que dans la mesure où la durée transforme le camarade en ami. Le temps de l’amitié et celui de l’amour ne sont pas les mêmes. L’amour a le loisir, et même le luxe, de s’extraire du temps. L’amitié oblige à s’y confronter. L’amitié est-elle plus tangible que l’amour, moins sujette à l’illusion et au malentendu ? Exigeante, elle réclame de l’intimité mais refuse l’intrusion, elle demande de la présence, mais ne supporte pas l’étouffement ; de la compréhension mais s’offusque de la complaisance; de l’écoute mais autant de paroles ; elle exige de la vérité, mais seulement où elle est prête à entendre. Elle n’est que bienveillance, mais s’use sans confrontations.
L’amitié, tantôt partagée, trahie ou sublimée, est au cœur de nombreuses œuvres littéraires. Lier l’amitié et la littérature est une évidence. A explorer en compagnie de Aristote , Pétrarque, Michel de Montaigne, Etienne de La Boétie, Jean-Jacques Rousseau, Jean de La Fontaine, Henry James, Gustave Flaubert, Mario Soldati, John Steinbeck, Chaïm Potok, Simone de Beauvoir, Mathias Enard, Albert Camus, Emmanuel Carrère, Sandor Marai, Henri-Pierre Roché, Vincent Delecroix, JB Pontalis et bien d’autres…

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