Le Festival international du Livre culinaire ce week-end à Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 08/03/2012 à 16H52
Festival du Livre culinaire 2012 au 104

Festival du Livre culinaire 2012 au 104

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Les amateurs de bonne chère et de beaux livres sont à la fête jusqu'à dimanche au CentQuatre, où se déroule la troisième édition du Festival international du Livre culinaire. Au menu : des dizaines d'éditeurs du monde entier venus présenter leurs appétissants ouvrages, des master class de chefs et d'oenologues, ainsi que des conférences et dégusations.

Après trois premières journées dédiées aux professionnels, ce festival étant avant-tout un lieu d'échanges où les éditeurs des quatre coins du Globe viennent faire leur marché, la manifestation ouvre ses portes au public tout le week-end.

Papivores, suivez le guide
Dans l'allée centrale du CentQuatre, les éditeurs français du secteur sont tous présents, des bibles de référence de Phaïdon aux petits livres colorés consacrés à un seul ingrédient (araignée de mer, citronnelle, pain sec...) des réjouissantes éditions de l'Epure, en passant par "les hippies" du secteur que sont Utovie et leurs ouvrages consacrés aux plantes, au bio et aux végétarisme. Le plus ? La possibilité de rencontrer, de dialoguer et d'échanger avec les éditeurs, souvent présents.

Dans les allées latérales, place aux éditeurs étrangers, venus de près (Italie, Espagne, Grèce) ou de beaucoup plus loin (Chine, Pérou, Brésil...).  C'est d'ailleurs un livre venu d'Amérique latine, sur la cuisine de Patagonie (Chili) qui a remporté cette année le prix du meilleur livre de cuisine étranger, le Gourmand Award, décerné mardi (tous les lauréats à voir ici). On y découvre notamment les mets prisés des pêcheurs en kayak : les crabes, le poisson fumé au bois de cyprès et les coquilles Saint-Jacques d'eau douce au miel d'Ulmo, arbre ancestral du Chili. Comme un goût de retour aux sources, aux ingrédients bruts, à la nature et à l'écologie.

Les allées du Festival du livre culinaire

Les allées du Festival du livre culinaire

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Un secteur en pleine croissance, Chine en tête
Sous la haute verrière du CentQuatre, on parlait toutes les langues cette semaine. De fait, le livre de cuisine est un secteur en pleine expansion partout dans le monde. En France, la production annuelle d'ouvrages a plus que doublé en dix ans (1.838 titres en 2011). Mais c'est en Chine que la croissance du livre culinaire est la plus spectaculaire: +30% depuis 10 ans.

La Chine est justement à l'honneur cette année au festival, où elle présente ses plus beaux livres et estampes, notamment ceux de Artron, un des fers de lance de l'industrie culturelle chinoise, qui considère le livre culinaire comme un livre d'art.

Pour se faire une idée plus précise de la crème de la crème internationale, un bel espace est dédié aux mille meilleurs livres culinaires de l'année, au plan international, issus de la bibliothèque Edouard Cointreau, fondateur et président du festival. A feuilleter sans modération.

Les éditeurs chinois considèrent le livre culinaire comme un livre d'art.

Les éditeurs chinois considèrent le livre culinaire comme un livre d'art.

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Les trésors du livre ancien
A l'heure d'internet et des sites de recettes par centaines, un autre petit signe rassure concernant la perennité de l'objet livre. Celui du succès des livres anciens de gastronomie. Au sous-sol, un corner à ne pas louper lui est consacré. Quatre librairies exposent leurs trésors, plus ou moins vieux et plus ou moins coûteux. Les chefs, à commencer par Jean-François Piège, en sont friands, dit-on. Tant pour le fond que pour la forme, à la fois pour les précieuses informations que contiennent les vieux grimoires que pour le plaisir du collectionneur bibliophile.

Henri-Daniel Wibaut, de la librairie Gastéréa de Lausanne,  nous montre l'un de ses livres les plus recherchés. Un ouvrage sur la cuisine chinoise écrit par un diplomate français, Henri Lecourt, publié en 1925. Ce livre d'époque, dont la couverture a été minitieusement restaurée, est imprimé sur un voluptueux "papier pelure" triple épaisseur. Son prix : 800 euros. Mais il y a plus cher. M.Wibaut nous tend avec un sourire gourmand un petit livre à la couverture grise et muette. Le titre est à l'intérieur. "Gastronomie ou l'Homme des champs à table", signé Joseph Berchoux. 1801. Toute première fois que le terme Gastronomie a été imprimé. Autant dire l'invention du mot. Et un poème didactique en quatre chants qui vaut son pesant...

Le livre ancien de cuisine chinoise en "papier pelure" de la librairie Gastéréa.

Le livre ancien de cuisine chinoise en "papier pelure" de la librairie Gastéréa.

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Côté Papilles
Après le plaisir des yeux vient celui des papilles. Au menu, de nombreuses démonstrations de chefs, auxquels deux beaux espaces sont consacrés au sous-sol. Succédant à la master class de Jean-François Piège et aux démonstrations de Christian Felder et de Sophie Dudemaine jeudi et vendredi, le week-end verra défiler au piano Michel Roux, Claire Dixsaut,  Astrid Pfeiffer, Frédérick E.Grasser Hermé et le plus Parisien des chefs japonais Hisayuki Takeuchi.

Des dégustations de vin sont également au programme dans les Bars tout le week-end, y compris de vins bio, et l'on ne saurait trop vous recommander de vous inscrire rapidement au parcours des sommeliers du Baco Club de Buenos Aires. Le Pentathlon du vin (trois séances par jour) de ces Argentins facétieux est un des must du festival. Quant aux amateurs de bière, thématique à l'honneur cette année,  ils sont aussi à la fête avec présentation de bières artisanales et d'ouvrages étonnants consacrés à ce breuvage au houblon.

Et puis, gourmandise oblige, signalons le merveilleux stand Bread & Roses, une épicerie-pâtisserie dont les spécialités exquises - quiches, sandwiches raffinés, tartes et autres cheesecakes - combleront petites et plus grosses faims (testé, payé et approuvé).
Un des deux espaces pour les Shows culinaires au 104.

Un des deux espaces pour les Shows culinaires au 104.

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Les conférences à ne pas louper
De nombreuses conférences sont proposées durant le week-end, mais il y en a deux à ne pas louper. Celle du maître Pierre Gagnaire, venu parler de son ouvrage "Un principe d'émotions" (dimanche 13h). Et celle de Marie-Dominique Robin, connue pour son enquête sur les ravages du semencier Monsanto (leader des OGM dans le monde). Elle parle cette fois de "Notre Poison quotidien", son travail sur la façon dont l'industrie chimique empoisonne nos assiettes (dimanche 16h30). 


Festival International du Livre Culinaire

Du 7 au 11 mars 2012

Au CentQuatre
5 rue Curial, Paris 19e