Rentrée littéraire - "Ma Reine" : 5 questions à Jean-Baptiste Andrea

Par @LaurenceHouot Journaliste, responsable de la rubrique Livres de Culturebox
Mis à jour le 30/08/2017 à 20H04, publié le 30/08/2017 à 19H35
Jean-Baptiste Andrea

Jean-Baptiste Andrea

© Laurence Houot / Culturebox, d'après une photographie de Vinciane lebrun-verguethen

Jean-Baptiste Andrea, réalisateur et scénariste, publie "Ma Reine" (L'iconoclaste) un premier roman très cinématographique, dont l'action se déroule en Provence : l'histoire d'une amitié née dans le maquis entre un garçon un peu différent et une fille jolie et intrépide, qui va devenir "Sa Reine". Un premier roman émouvant, qui plonge dans les mystères de l'enfance et de la différence. Interview.

1
Quel est le sujet de votre roman ?
Jean-Baptiste Andrea : c’est l’histoire d’une amitié entre deux enfants, sur un plateau perdu de Haute-Provence, l’été 1965. Shell, le héros, est un garçon considéré comme l’idiot du village par tous, y compris sa propre famille. Redoutant d’être placé dans un institut spécialisé, il fait une fugue et rencontre une petite parisienne en vacances. Cette dernière, Viviane, lui annonce qu’elle est dorénavant Sa Reine, et qu’il devra la servir fidèlement.
2
Comment est né le livre ?
De la rencontre de deux éléments. D’abord des paysages de ma région, qui m’inspirent beaucoup. Je tiens quand même à préciser que le roman ne se veut pas du tout régionaliste. C’est une Provence presque symbolique, brossée à grands traits, qui sert de décor à "Ma Reine". L’essentiel, ici, est le rôle important que tient la nature dans le roman, plutôt que l’endroit exact où se trouve cette nature. Le deuxième élément, c’est le thème de l’enfance, qui m’est cher. Pas par nostalgie - je ne veux pas y retourner – mais je ne veux pas non plus tout perdre de l’enfant que j’étais. Chez trop d’adultes, cet enfant n’existe plus, ou est trop profondément enfoui.
3
Comment avez-vous travaillé sur "Ma Reine"?
Pour moi tout est dans la préparation. Je ne peux pas écrire si je ne suis pas entièrement dans la tête du personnage principal. Les événements, les péripéties, sont des détails annexes à mes yeux, certains apparaissent même au fil de la plume. Dans le cas de "Ma Reine",  j’ai réfléchi à ce roman pendant peut-être quatre ans. Un jour, je me suis assis et je l’ai écrit en deux mois. Une fois un personnage compris, le rôle "préparé", l’écriture est donc rapide.
4
"Ma Reine", pourquoi ce titre, comment l'avez-vous choisi ?
Dur à expliquer, j’essaie quelques titres dans ma tête et il y en a toujours un qui s’impose, qui me paraît une évidence. D’ailleurs, je n’écris jamais sans avoir le titre. Si je n’ai pas le titre, c’est symptomatique du fait que je n’ai pas vraiment le propos, le thème, le ton d’une histoire.


Un roman (ou un scénario) vous donne naturellement son titre. Il n’y a qu’à écouter".

5
Le pitch pour donner envie au lecteur de lire votre livre ?
Je trouve le monde très pessimiste. On ne parle que de ce qui va mal (et bien sûr, nombre de choses vont mal). Nous perdons par habitude, ou par paresse, notre capacité d'enchantement. Je ne dis pas que nous sommes incapables d’émerveillement, au contraire. Un paysage peut nous exalter, quelques notes de musiques, une relation… Tout le monde en fait l’expérience. Mais nous avons du mal à "retenir" ces moments. Ils ne nous rendent pas meilleurs et ne changent pas nos vies. Bien vite, le quotidien reprend ses droits. Je voulais donc raconter l’histoire d’un enfant qui lui, retient tous les bonheurs qu’il rencontre – certains sont pourtant bien minces. J’espère que les lecteurs, une fois le livre refermé, auront un peu de ce héros en eux. Qu’il rajeunira leurs yeux comme il a rajeuni les miens.
Couverture de "Ma Reine", Jean-Baptiste Andrea (L'iconoclaste)
"Ma Reine", Jean-Baptiste Andrea
(L'iconoclaste - 270 pages - 17 €)

Jean-Baptiste Andrea - Bio

Jean-Baptiste Andrea est né en 1971. Il est réalisateur et scénariste. Il a écrit et réalisé en 2003 : "Dead End" (coréalisé avec Fabrice Canepa), "Big Nothing" avec David Schwimmer et Simon Pegg en 2006 , et "La Confrérie des larmes" , avec Jérémie Renier et Audrey Fleurot, en 2013.  "Ma reine" (L'iconoclaste") est son premier roman.