Rentrée littéraire : comment les libraires vivent ce mois qui compte double

Par @Culturebox
Mis à jour le 05/09/2015 à 10H08, publié le 04/09/2015 à 14H54
Mathieu de Montchalin dirige la librairie l'Armitière à Rouen

Mathieu de Montchalin dirige la librairie l'Armitière à Rouen

© France 3

"Le mois de septembre, c’est comme au scrabble, explique Mathieu de Montchalin, libraire indépendant à Rouen, c’est un mois qui compte double dans l’économie d’une librairie". Avec 589 romans, la rentrée 2015 est bien fournie. Une équipe de France 3 s’est glissée parmi le personnel de "L’Armitière" au moment du déballage des cartons…

Reportage : Florence Mathieux, Pascale Conte et Nathalie Aibar
Librairie indépendante, à Rouen, L’Armitière est une incontournable institution. Créée en 1963, elle propose sur ses 1.300 m² 95 000 titres et 145 000 volumes. Une véritable PME du livre qui emploie une trentaine de personnes toutes sur le pont au moment de la rentrée littéraire.


En France, près d’un livre sur deux se vend dans une librairie indépendante

Une centaine de cartons par jour

Une centaine de cartons par jour

© France 3
Dans les sous-sols, on réceptionne les cartons, une centaine par jour. Les commandes auront été préparées pendant les vacances. Un libraire ne s’arrête jamais. Dans ses bagages, parmi les serviettes de bain, il y a toujours les romans de la rentrée. Depuis des semaines, Mathieu et son équipe ont lu tout ce qu’ils pouvaient lire.

Ainsi Camille qui continue de lire "même au boulot", une dizaine d’heures par semaine entre temps morts au travail, midi et soir. Pour chaque livre coup-de-cœur, une petite fiche.
Pour Camille, chaque livre fait l'objet d'une fiche personnalisée

Pour Camille, chaque livre fait l'objet d'une fiche personnalisée

© France 3
De son côté, Mathieu de Montchalin organise les présentoirs pour attirer le chaland (pour parler d’une librairie, on peut être littéraire…). "Un livre va trouver sa place et y rester trois mois, explique-t-il, d’autres auront eu leur heure de gloire et n’y resteront que deux ou trois jours seulement. Un livre sur table a dix fois plus de chances d’etre vendu qu’un livre sur la tranche dans un rayon".

A l'affût du "best"

Parmi les best-sellers, "les bests" à peu près assurés "D’après une histoire vraie" de Delphine le Vigan. Stéphanie Papillon qui oeuvre en coulisses de la librairie, à l’étage, en a commandé une centaine d’exemplaires. Ils partiront en quatre à six semaines.
Mathieu de Monchalin

Mathieu de Monchalin

© France 3
A l’heure du déjeuner, une pause pour certains, Mathieu emporte un autre livre. Il écrira lui aussi sa petite fiche personnalisée. Aujourd’hui il veut promouvoir "Juste avant l’oubli", 4e roman d’une jeune romancière, Alice Zeniter. C’est à l’Armitière qu’elle entamera sa tournée des libraires.
Alice Zeniter "Juste avant l'oubli"

Alice Zeniter "Juste avant l'oubli"

© France 3
La préparation des rencontres littéraires qu’il a programmées, soixante-dix en quelques semaines, occuperont une partie de son après-midi. En France, face à internet et aux grandes surfaces, les librairies représentent 43% des achats de livres.

Une rentrée bien préparée, c’est la moitié du chiffre d’affaire qui sera assurée. Car un libraire n‘est pas qu’un commerçant en livres, il est aussi très attaché à son rôle de conseil auprès des lecteurs.