Mathias Énard : "Boussole est un roman mélancolique mais un roman d'espoir"

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/11/2015 à 16H44, publié le 14/09/2015 à 16H36
Mathias Enard à Nancy

Mathias Enard à Nancy

© France Ô/ culturebox

"Boussole, le nouveau roman de Mathias Enard raconte le désir d'Orient d'un musicologue autrichien et d'une orientaliste. Il a remporté mardi le Prix Goncourt 2015. Nous l'avions rencontré en septembre à Nancy.

Un roman encyclopédique, une "érotique du savoir" sur l’orientalisme, ce désir d’Orient, raconté sous la forme d’un voyage amoureux entre Franz, musicologue autrichien de Vienne (Autriche) et Sarah, orientaliste à la curiosité insatiable. Ce voyage est le prétexte à un second : la passion pour l’Orient des deux protagonistes et la redécouverte de dizaines d’autres passionnés plus ou moins célèbres et l’influence dans des œuvres connues de cet Orient fantasmé ou vécu, de Beethoven à Proust. Sur la couverture du livre : L'arc de ctésiphon à Bagdad. Une ruine sassanide.
Mathias Enard "Boussole" couverture © DR

Comme « Zone » (2008), roman démesuré de la mémoire en Méditerranée écrit en une seule phrase de 300 pages, Mathias Énard a choisi d’installer son personnage principal, Franz, dans une seule nuit d’insomnie.

Un extrait (p. 184) :
Seul le colporteur, pensai-je en urinant sous la comète de Halley, en scrutant l’obscurité pour vérifier que le chien ne s’apprêtait pas à me bouffer les choses, partage réellement la vie de cette tribu, puisqu’il participe ; huit mois par an, il renonce à tout pour fourguer ses babioles. Nous autres restons des voyageurs, enfermés dans le soi, susceptibles, qui sait, de se transformer eux-mêmes au contact de l’altérité, mais certainement pas d’en faire l’expérience profonde. Nous sommes des espions, nous avons le contact rapide et furtif des espions.

L’interview
Nous avons demandé à Mathias Enard si aujourd'hui, malgré Daesh, ce désir d'Orient était vivace… Il choisit l’espérance… 

"Boussole" de Mathias Énard (Actes Sud )