"Qui n’a pas tué John Kennedy ?" : Vincent Quivy démonte les théories du complot

Par @pygrenu Rédacteur en chef de Culturebox
Mis à jour le 22/11/2013 à 16H57, publié le 30/09/2013 à 18H14
Lee Harvey Oswald le 23 novembre 1963

Lee Harvey Oswald le 23 novembre 1963

© Legacy/PHOTOSHOT/MAXPPP

Cinquante ans après l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, le mystère demeure. Année après année, de nouvelles théories sont apparues impliquant la mafia, la CIA, le FBI, l’URSS et même l’OAS… A défaut de nous révéler toute la vérité, la brillante enquête de Vincent Quivy passe en revue tous les scénarios échafaudés, y compris les plus fous !

Et si Judyth Vary Baker détenait la clé ? Il y a quelques années, elle choisit de briser le silence. Cette chercheuse raconte qu’en 1963, elle fut la maîtresse de Lee Harvey Oswald, l’homme qui a tiré sur JFK (encore que cette « vérité » là soit contestée par certains aujourd’hui encore) avant d’être abattu à son tour par Jack Ruby. Judyth explique avoir été recrutée par la CIA pour un projet top secret : il s’agissait initialement d’injecter à Fidel Castro un produit qui provoquerait un cancer. Finalement entraîné dans une conspiration anti-Kennedy soutenue par J. Edgar Hoover, l’ultra-puissant patron du FBI, Lee Harvey a tout fait pour empêcher l’assassinat du président, allant jusqu’à manquer sa cible, mais un autre tireur veillait. La CIA l’a ensuite fait liquider par Ruby, à qui on a inoculé le produit mortel destiné à Castro, afin de s’en débarrasser. CQFD. Délirant ? Totalement, et alors ? Ça n’a pas empêché Judyth Vary Baker de trouver un éditeur pour publier son "Lee et Moi. Comment j’ai connu, aimé et perdu Lee Harvey Oswald".

Des théories comme celle-ci – prise à titre d’exemple - on les compte par dizaines. Le meurtre du jeune président américain n’a cessé d’inspirer les mythomanes et tous les théoriciens du complot. Ils sont pourtant nombreux à s’être sérieusement penchés sur le sujet : des politiciens, des magistrats à la tête de commissions d’enquêtes, des journalistes, des écrivains ou des cinéastes. Régulièrement, l’Amérique a pu croire qu’enfin, la piste était la bonne, remontant successivement vers Moscou, la Mafia, les services secrets ou même les Français de l’OAS. Mais au bout du bout, rien ou presque.

Patiemment, avec une impressionnante minutie, Vincent Quivy s’est emparé de chaque version, la confrontant aux informations avérées (balistique, médecine légale et même acoustique) avant de l’écarter. Au terme de l’exercice, Quivy nous avoue sa conviction profonde : ni complot, ni complices. Lee Harvey Oswald a agi seul. Une certitude que l’on n’est pas obligé de partager. Mais la démonstration force le respect.

"Qui n’a pas tué John Kennedy ?" de Vincent Quivy (Seuil) - 288 pages - 19,00 €