"Le chant du converti": Sebastian Rotella nous délivre sa bande son d'un espion

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/09/2014 à 09H39, publié le 16/09/2014 à 08H28
Sébastien Rotella

Sébastien Rotella

© Opale Matsas

Pour son second roman noir, l'Américain Sebastian Rotella illustre parfaitement ce conseil de Voltaire : "Gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m'en charge". Son polar "Le chant du converti" fait d'espionnage et de terrorisme à travers la planète en est la parfaite illustration.

L'auteur, grand reporter américain, spécialiste du terrorisme international, poursuit son chemin romanesque engagé avec « Triple Crossing » et son personnage d'espion, Valentin Pescatore. Et nous voilà embarqués avec "Le chant du converti" dans une histoire d'amitié virile et trompée de cet espion venu de Buenos Aires.

Tout commence là, en Argentine avec des retrouvailles a priori fortuites avec un ami d'enfance avec lequel il semble partager un même parcours, un travail d'espionnage. Mais si Valentin Pescatore affiche une activité d'infiltration nord américaine de la frontière avec le Mexique suivie par des missions privées pour le compte d'un juif argentin, Raymond son ami longtemps perdu de vue, semble plus flou dans son activité.

Peu de temps après cette rencontre « fortuite », un attentat particulièrement meurtrier dans un centre commercial d'un quartier juif de la capitale auquel assiste le héros va faire basculer son destin.

De l'Iran aux banlieues enflammées

Le tango agite ses pensées. Raymond, Ray, Raimondo appelé le comme vous voulez, est-il tombé sur lui par hasard après 10 ans de silence ? L'homme se révèlera avoir beaucoup changé depuis leur enfance.

Notre espion américain se retrouve ainsi balancé sur les traces de cet individu converti à l'Islam  et aux réseaux mafieux et religieux peu recommandables. L'histoire va mener Valentin de l'Argentine à l'Iran du Hezbollah en passant par les cartels de drogue boliviens, la France et ses banlieues enflammées et les Etats Unis à la frontière mexicaine. Des menaces d'attentats, des traffics un peu partout. Raymond est-il derrière tout cela ? Un pas en avant, deux en arrière. Valentin doute.
"Le chant du converti" de Sébastien Rotella © DR
La planète du terrorisme

A chaque destination, à chaque situation Sebastian Rotella a le souci du détail, des lieux, des citations. Il se sert de ses connaissances approfondies du terrorisme international. Les connections financières entre les trafiquants internationaux de drogue et les terroristes islamistes n'auront plus de secrets pour vous. Il nous fait sentir les menaces permanentes sur le monde occidental. L'Amérique du sud nouvelle cible, Londres, Paris ou Madrid toujours dans les carnets d'adresse des extrémistes kamikazes.

Les descriptions des relations entre services de sécurité américain, français ou argentin sonnent très justes, tout comme les situations intérieures des pays traversés.

Avec brio et suspence Rotella nous tient en haleine jusqu'au bout dans cette histoire d'amitié trahie. Et pour mieux accompagner le périple de Valentin Pescatore, il rythme ses chapitres de titres de morceaux musicaux. Et ainsi le décor est complet. Vous pourrez établir la bande son planétaire de cette histoire, d'un tango bien traditionnel à Buenos Aires à "Jour de paye" de Booba dans les banlieues française ou "My Rifle, My Pony And Me" la chanson de Rio Bravo commune aux amis d'enfance.

Mais tout finira avec "Adam Raised a Cain ", Adam a engendré Caïn, de Bruce Springsteen. On vous le disait : Méfiez vous des amitiés fraternelles dans ce monde signé Rotella.

"Le chant du converti" Sebastian Rotella (Liana Leni - 368 pages - 20 euros)