"La servante du Seigneur": Jean-Louis Fournier donne la parole à sa fille

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/09/2013 à 10H18, publié le 29/08/2013 à 12H03
Jean-Louis Fournier (octobre 2012)

Jean-Louis Fournier (octobre 2012)

© Bertrand Guay / AFP

Marie Fournier répond à son père Jean-Louis Fournier, à la fin de son dernier livre, "La servante du Seigneur" (Stock). L'auteur y disait son désespoir face à la métamorphose de Marie "entrée en religion". Un récit qui n’est pas du goût de l’intéressée. Elle s’en explique sur cinq pages, à la demande de l’auteur affirme son éditeur.

Sorti le 21 août, et déjà dans les bonnes ventes selon Livres Hebdo, le roman de Jean-Louis Fournier (prix Femina en 2008 pour "Où on va papa?" sur ses  deux fils handicapés), comporte un droit de réponse de Marie Fournier, révélé par Le Figaro. Dans ces cinq pages qui complètent le texte de son père, elle dit y livrer "sa vérité".
 
"Il n'y a pas eu d'action judiciaire. C'est une affaire littéraire entre l'auteur et sa fille", explique-t-on chez Stock. "Jean-Louis Fournier a voulu lui faire lire le livre, ils ont eu des échanges, et comme il restait pas mal de pages vides à la fin, il lui a proposé d'écrire quelques lignes. Nous avons  publié le texte de Marie sans en toucher un mot", précise l'éditeur.
 
"J'ai égaré ma fille..." dit Jean-Louis Fournier
Le livre  de Jean-Louis Fournier fait le récit d'une perte. Celle de Marie, qu'il ne reconnaît plus depuis qu'elle a rencontré "Monseigneur" et Jésus : "J'ai égaré ma fille...", écrit-il.
 
Le romancier enchaîne les reproches mais pour mieux lui crier son amour.  "Tu étais charmante et drôle. Elle est devenue une dame grise, sérieuse comme un pape", écrit-il, s'adressant tour à tour à Marie et au lecteur.
 
"Je laisse à ma fille le mot de la fin", note l'auteur pour introduire la  postface de Marie.
 
Marie dit "se résigner pour garder un père"
"Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un père qui offre sa propre fille au monde entier après l'avoir défigurée, écrit-elle. En tant que  ‘chef-d'œuvre’ cubiste de Jean-Louis Fournier, j'aurais préféré que ce dernier  le garde accroché dans sa maison. Il avait promis. Par générosité, il a voulu en faire profiter tout un chacun. M'y résigner était le prix à payer pour  garder un père, même si j'en ressors flétrie."