Le 2 juin 2005, les services secrets syriens assassinèrent Samir Kassir, l’intellectuel arabe le plus prometteur de sa génération. J’avais rendez-vous avec lui dans un café de Beyrouth, mais un contretemps m’avait fait annuler la rencontre. À l’ami disparu, qui avait prophétisé que la démocratie dans le monde arabe ne se ferait pas sans « printemps à Damas », j’ai décidé de raconter cette révolution syrienne qu’il n’a pas pu voir: Homs, le coeur battant de la rébellion, assiégé et bombardé. Ou la belle Alep, dont les 4500 ans d’histoire sont menacés par une folle bataille. Je lui rappelle aussi les années Bachar, « l’archipel des tortures » sans équivalent dans le monde, l’irrésistible montée en puissance des islamistes – et l’embarrassante ambiguïté des relations franco-syriennes. Par respect pour l’érudit et pour aller au-delà du simple témoignage de guerre, j’ai convoqué l’histoire, la littérature et la géopolitique, tout en cherchant la consolation de la poésie. Et j’ai essayé de comprendre comment un pays pouvait sombrer à ce point dans l’autodestruction. Avec cette certitude : les horreurs en Syrie reflètent le pourrissement du monde. 

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