L'académicien Alain Decaux, grande voix de l'histoire, s'est éteint

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/03/2016 à 10H52, publié le 27/03/2016 à 16H52
L'histoirien Alain Decaux, en 2006

L'histoirien Alain Decaux, en 2006

© BERTRAND GUAY / AFP

Ecrivain, figure de la radio et de la télévision, Alain Decaux a donné une tribune à l'histoire en faisant revivre les siècles révolus. Entré à l’Académie Française en 1979, cet ex Ministre de la Francophonie est décédé, dimanche, à 90 ans. C'était aussi l’homme des grands combats : pour la restauration de l’enseignement de l’Histoire à l’école et pour la défense de la langue française.

Son épouse, Micheline Pelletier-Decaux, a indiqué que son décès était intervenu dimanche à l'hôpital Georges Pompidou, à Paris.  
Né en juillet 1925 à Lille, Alain Decaux suit les cours de la Faculté de droit de Paris et d’histoire à la Sorbonne. Il publie ses premiers articles d’histoire à partir de 1946 et on premier livre "Louis XVII retrouvé", en 1947. Il n'a que 22 ans ! Il est couronné par l’Académie française, à 25 ans, pour "Letizia". Plusieurs de ses ouvrages sont devenus des best-sellers : Victor Hugo, Histoire des Françaises, Histoire de la France et des Français, le Tapis rouge, l’Avorton de Dieu, une vie de Saint Paul.
Interview d'Alain Decaux
Attiré très tôt par l’audiovisuel, il crée la Radiodiffusion française en 1951. Il s’adresse au public : à la radio avec La Tribune de l’Histoire -diffusée sur France-Inter pendant 46 ans- et, à la télévision, avec La Caméra explore le temps, proclamée en 1965, après un référendum auprès du public "meilleure émission de la télévision française". De 1969 à 1988, elle a été suivie par Alain Decaux raconte ; seul à l’image pendant une heure, il évoque un épisode ou un personnage historique. En 1975, Robert Hossein l’appelle à écrire les textes de ses grands spectacles : depuis le premier Le Cuirassé Potemkine, jusqu’au dernier, 33 ans après : Ben-Hur.
Alain Decaux explique la Terreur lors de la préface de l'émission "La caméra explore le temps
Alain Decaux, c'est l’homme des grands combats : pour la restauration de l’enseignement de l’Histoire à l’école ; pour la défense de la langue française. En 1973, ses confrères l’élisent à la présidence de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques. En 1979, il entre à l’Académie Française. Membre du Haut Conseil de la Francophonie (1985-1998), Ministre de la Francophonie (1988-1991), Président de l’Association française d’action artistique qui assure les échanges culturels avec l’étranger (1991-2000). Depuis 1998, élu par l’Institut de France, il est Président du Collège des Conservateurs du Domaine de Chantilly.

Alain Decaux était grand officiel de la Légion d’honneur, grand croix de l’ordre national du Mérite et Commandeur des Arts et des Lettres.

Œuvres radiophoniques

1961. Les Grandes Heures des châteaux de France (avec Jean-François Chiappe).
1962. Secrets d’État (avec Jean-François Chiappe).
1964. L’Heure de la chance (avec André Castelot et Jean-François Chiappe).
1975-1976. Histoire des Françaises.
Alain Decaux évoque les colonies Française, agrémenté par ses propres souvenirs.

Œuvres télévisées

1956-1957. Énigmes de l’Histoire (avec Stellio Lorenzi et André Castelot).
1981-1985. L’Histoire en question.
1985-1987. Le Dossier d’Alain Decaux.
1987-1988. Alain Decaux face à l’Histoire.
La nuit de Varennes : présentation de l'émission par Alain Decaux et André Castelot avec la reconstitution de la nuit du 21 au 22 juin 1791, qui marqua, par l'arrestation à Varennes de la famille royale en fuite, la chute de la monarchie française

Œuvres théâtrales

1978. Notre-Dame de Paris (avec Robert Hossein et Georges Soria).
1991. Jésus était son nom.
1993. Je m’appelais Marie-Antoinette (avec André Castelot).
1999. De Gaulle, celui qui a dit non (avec Alain Peyrefitte).
2007. N’ayez pas peur ! (Jean-Paul II).

Œuvres cinématographiques

1962. Climats d’après André Maurois (réalisation de Stellio Lorenzi).
1967. J’ai tué Raspoutine (réalisation de Robert Hossein).
1982. Les Misérables d’après Victor Hugo (réalisation de Robert Hossein).

Œuvres enregistrées

1963. La Révolution française (grand prix du disque).
1964. Napoléon (grand prix du disque).
1985. Victor Hugo.