Le salon du livre et de la presse jeunesse fait son cirque

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 02/12/2011 à 15H12
Exposition Circus au salon du livre de Montreuil. "Barnhominum", Emmanuelle Houdart

Exposition Circus au salon du livre de Montreuil. "Barnhominum", Emmanuelle Houdart

© Laurence Houot-Remy

Des sœurs siamoises, le trucmuche, la femme et la fille du lanceur de couteau, le blubs et la diseuse de bonne aventure… Exposition CIRCUS, au Salon du livre et de la jeunesse de Montreuil, niveau -1. Étranges personnages et costumes fantastiques, le cirque, univers insolite et merveilleux est propice aux rêveries enfantines.

"Le cirque est une thématique qui permet d’entrer dans un univers cohérent du point de vue graphique", explique Sylvie Vasselot, directrice du salon. Autour d’une vraie piste, lieu de lectures et de spectacles, des entre-sorts abritent des objets et illustrations de cirque.

Deux artistes sont invités à créer des installations exceptionnelles : Emmanuelle Houdart et Benoît Jacques.

{ Funambulibili }  Rencontre avec Benoît Jacques

Benoît Jacques est illustrateur et sculpteur. 

"L'’équilibre est toujours précaire. On est toujours en recherche de l’équilibre. Jamais acquis, il est remis en question à chaque nouveau pas que l’on fait."

Esquisse pour l'installation Funambulibili par Benoît Jacques

Esquisse pour l'installation Funambulibili par Benoît Jacques

© Benoît Jacques

Pour évoquer cette idée, Benoît Jacques a construit un manège de funambules, à la manière du manège de Petit Pierre. Il a inventé des personnages et les a fabriqué dans divers matériaux, bois, papier mâché, tissus… Ils surgissent d’un écran rideau et poursuivent leur chemin, cahin caha, sur le fil.

Funambulibili, Benoît Jacques

Funambulibili, Benoît Jacques

© Laurence Houot-Remy

Le petit monde de Benoît Jacques circule dans un mouvement aléatoire. Les funambules traversent l’écran et s’y projettent dans un théâtre d’ombres. "Pour moi le cirque c’est aussi la magie de l’apparition / disparition. Personnages minuscules sur une piste immense, mais ombres gigantesques projetées dans la lumière. Ce qui est intéressant aussi, c’est ce que l’on ne voit pas, ce qui est caché. Que se passe-t-il derrière la piste ?"

Funambulibili, Benoît Jacques

Funambulibili, Benoît Jacques

© Eric Garault

Le cirque c’est à la fois la vie mais aussi la mort. Les funambules fleurtent avec la mort. Ils travaillent sans filet.

Le cirque est une mise en scène de la vie, avec ses tristesses, ses joies, ses peurs. Il nous interroge sur notre relation avec les autres et avec le monde.

Funambulibili, Benoît Jacques

Funambulibili, Benoît Jacques

© Eric Garault

"Ce qui m’intéresse, c’est le rapport à la vie, l’impermanence. La précarité de la vie. L’équilibre est un moment de grâce, éphémère et précieux, qui se glisse entre deux déséquilibres."

Une minute de Funambulibili

{ Barnhominum }  Rencontre avec Emmanuelle Houdart

Emmanuelle Houdart aime ce qui se dit "sous les choses".

"J’ai commencé par réfléchir aux personnages. Je n’avais pas envie de travailler sur les clowns, qui m’ont toujours ennuyée. Non, j’aime bien les personnages atypiques, emblématiques du cirque d’Antan."

Enfant tronc et soeurs siamoises

Enfant tronc et soeurs siamoises

© Emmanuelle Houdart

Emmanuelle Houdart a imaginé les créatures, puis leur a dessiné des costumes. Il y a la femme et la fille du lanceur de couteaux. Elles sont attachées par le cœur. "Que se passe-t-il dans leur tête ? Ce que je veux dire là, par exemple, sourdement mais c’est de ça que je veux parler, c’est la peur de perdre des êtres chers. Ce qui m’intéresse, c’est le questionnement."

Esquisses et échantillons pour La femme et la fille du lanceur de couteaux

Esquisses et échantillons pour La femme et la fille du lanceur de couteaux

© Emmanuelle Houdart

Tous les personnages racontent une histoire : le colosse, homme surpuissant et protecteur, dont les muscles sortent de son corps. Emmanuelle Houdart aime faire sortir à l’extérieur ce qui est à l’intérieur, la chair, les organes. Pareil pour le cœur de la femme du lanceur de couteaux. Le peuple des émotifs, les enfants troncs ...

"La diseuse de bonne aventure, par exemple, ça ne m’intéressait pas de lui faire un costume avec des étoiles. Là, ce vêtement c’est une histoire de mains. Ces femmes qui prennent votre main pour vous dire ce qui va vous arriver. J’ai imaginé qu’elle les coupe, ces mains. Et de là l’idée d’en faire un manteau, qui parle de la puissance, du pouvoir."

Costume de la diseuse d'aventures, Emmanuelle Houdart, illustratrice et Angélique Calfati, Costumière

Costume de la diseuse d'aventures, Emmanuelle Houdart, illustratrice et Angélique Calfati, Costumière

© Laurence Houot-Remy

Le manteau de la diseuse d’aventure est couvert de 200 mains.

"C’était merveilleux de voir se matérialiser ce que j’avais dessiné. Un peu comme de dire à une fée, je veux ça et hop, cela apparaît sous mes yeux."
Emmanuelle Houdart a travaillé avec Angélique Calfati, costumière. "Emmanuelle m’a donné ses dessins mais ce qui est compliqué, c’est de comprendre ce qui n’est pas dessiné justement. Souvent, je disais à Emmanuelle, mais là derrière, sous le bras, il y a quoi ?."

Angélique Calfati, costumière et Emmanuelle Houdart. Costume du Colosse

Angélique Calfati, costumière et Emmanuelle Houdart. Costume du Colosse

© Laurence Houot-Remy

"C'est passionnant de travailler avec les autres, avec d'autres métiers, ça fait comprendre des tas de choses", ajoute Emmanuelle Houdart, qui entend poursuivre sa collaboration avec Angélique Calfati.

Emmanuelle Houdart a aussi travaillé avec des élèves du lycée Bartholdi à Saint-Denis, dans le cadre d’un programme régional de résidences d’écrivains en Région Ile de France.

Le résultat est somptueux.

Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis
Tout le programme de CIRCUS
Du mercredi 30 novembre au lundi 5 décembre 2011
Espace Paris-Est-Montreuil - 128, rue de Paris 93100 Montreuil
Entrée : 4 € - Gratuit pour les moins de 18 ans