L'Europe du Nord, terre d'élection du livre jeunesse

Par @Culturebox
Publié le 28/11/2014 à 09H37
Au 30e salon du livre de jeunesse à Montreuil le 26/11/2014

Au 30e salon du livre de jeunesse à Montreuil le 26/11/2014

© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

L'édition jeunesse affiche une belle santé en Europe, surtout au Nord, avec un boom des titres et des ventes en Allemagne et en Grande-Bretagne, selon une enquête de l'AFP à l'occasion du Salon du livre jeunesse qui se tient à Montreuil. Le livre est le premier objet culturel en Europe.

Cette manifestation, qui célèbre sa 30e édition, accueille auteurs, illustrateurs et éditeurs du continent. Si la littérature jeunesse reste souvent considérée en France comme un genre mineur - en dépit de bons scores -, elle occupe une place de choix dans le coeur des Britanniques. "L'Angleterre est LA patrie du livre jeunesse depuis Alice au pays des merveilles jusqu'à Harry Potter.... L'Allemagne a, elle, une politique du livre jeunesse volontariste et les pays scandinaves restent en pointe", explique à l'AFP la directrice du Salon, Sylvie Vassallo. 

La Suède a été une pionnière de la littérature enfantine contemporaine avec "Fifi Brindacier", née en 1945 sous la plume d'Astrid Lindgren. En 2012, l'auteur Jesper Lundqvist a révolutionné le genre avec "Kivi et le chien monstrueux" qui met en scène un enfant "neutre", ni garçon, ni fille. "La place de la littérature jeunesse est moins évidente au sud de l'Europe", souligne Sylvie Vassallo, même si la Foire de Bologne (Italie) reste un rendez-vous important des professionnels. 
"Harry Potter et les reliques de la mort", dernier tome de la série, sur un étalage à Mulhouse

"Harry Potter et les reliques de la mort", dernier tome de la série, sur un étalage à Mulhouse

© Jean-François Frey / L'Alsace / MaxPPP
En Grande-Bretagne, le marché a progressé de 10% en 2014, selon le site Bookseller. Ce succès est alimenté par l'innovation et la variété de l'offre mais les Britanniques restent attachés aux histoires qui ont bercé leur enfance et celle de leurs parents. Parmi les dix albums les plus vendus, on trouve par exemple "The Tiger who came to tea" de Judith Kerr, vieux de 46 ans. Dans le palmarès des 15 meilleurs livres de tous les temps, publié en 2014 par The Telegraph, figurent "The Hobbit" de Tolkien (1937), "James et la pêche géante" de Roald Dahl (1961), "Harry Potter", bien sûr, mais aussi des livres français ("Le Petit prince") ou suisse ("Heidi").

Très dynamique Outre-Rhin, l'édition jeunesse est un "marché test" pour la littérature adulte, dit à l'AFP Margit Müller, présidente du groupe de travail des maisons d'édition jeunesse. "Les préférences des jeunes lecteurs seront celles des adultes de demain". En Allemagne, 8.268 titres jeunesse sont parus en 2013, soit 3.000 de plus qu'en 2003. En Suède, le secteur est aussi en forme. Le recours accru au numérique fait pourtant craindre à des intellectuels la fin plus ou moins fantasmée de la lecture, alors que 53% des enfants de 9 à 13 ans lisent tous les jours. 

Côté ados, Barbara König, auteur et éditrice de livres pour enfants, regrette la prolifération de titres "au détriment de la qualité". "Trop d'histoires de vampires!", déplore-t-elle. Même son de cloche chez Ursula Schröter de la Fondation pour la littérature jeunesse de la Caisse d'épargne de Cologne: depuis Harry Potter, "il y a une inflation de Fantasy". "Les livres exigeants se font rares".