160 p. - 15,80 €

« N’apporte rien Gérault, on a tout ! » Toujours cette générosité qui écrase. Ben tiens, c’est vrai, qu’est-ce que je pourrais bien leur apporter, moi, dans leur foyer parfait ! Une pauvre bouteille de pinard ? Qui sera bu le nez bouché avant d’entamer les grands crus de leur cave à vin personnelle. Des fleurs ? Qui se retrouveront dans l’évier, humiliées par tous les bouquets qui, eux, auront eu le privilège de trôner dans des vases. Mieux vaut des mains vides et l’honneur sauf, qu’un « oh, mais fallait pas » qui accable. Fallait pas, vraiment pas, tu nous déranges avec ton cadeau minable, remporte-le.
Je ne viendrai avec rien. Rien et mon manteau et malgré tout, peut-être qu’ils auront droit à mon sourire, peut-être, si je suis grand seigneur.

     Gérault tente d’offrir une image idéale de lui-même, mais quand on est seul, au chômage à cinquante ans, ce n’est pas chose facile. Homme empêché, il s’interdit de dire ce qu’il pense et retient en lui sa colère, sa violence. Sa voix intérieure prendra-t-elle peu à peu le dessus ?

     Ironique et tendre, Alma Brami révèle un personnage lucide, terriblement humain, reflet des travers de notre société tout entière.

     Avec J’aurais dû apporter des fleurs, son sixième roman, Alma Brami confirme son talent d’écrivain.

J'aurais du apporter des fleurs
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