Il y a 60 ans, "Bonjour tristesse" engendrait le "petit monstre" Françoise Sagan

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/09/2014 à 19H10, publié le 24/09/2014 à 16H34
Françoise Sagan en 1987

Françoise Sagan en 1987

© MYCHELE DANIAU / AFP

Avec "Bonjour tristesse" (Ed. Juilliard), publié il y a tout juste 60 ans en 1954, le roman d'une inconnue fit scandale et devint un best seller mondial : "La gloire, je l'ai rencontrée à 18 ans en 188 pages, c'était comme un coup de grisou", dira Françoise Sagan, surnommé alors le "charmant petit monstre" par François Mauriac.

Pour célébrer la postérité de ce premier roman de Françoise Sagan, disparue il y a dix ans, les Editions Julliard publient lundi une version identique à l'édition originale, sobre couverture blanche et liseré vert.
"Bonjour tristesse" deFrançoise Sagan : couverture originale

"Bonjour tristesse" deFrançoise Sagan : couverture originale

© Juilliard

En 1954, Françoise Sagan est une jeune fille comme les autres, ou presque. Issue des quartiers chics, la mèche blonde tombant sur les yeux, Françoise sort, s'amuse, dîne chez Lipp avec son amie Florence Malraux. Mais elle écrit aussi. Le 15 mars 1954, l'éditeur René Julliard publie le livre de cette toute jeune femme à l'étonnante précocité, Françoise Quoirez, dite Sagan. Et tout bascule. Françoise devient riche et célèbre, noctambule et légendaire, culte et pourchassée. Surnommée le "charmant petit monstre" par François Mauriac, elle devient le symbole d'une génération désinvolte et bourgeoise.

"Sur ce sentiment inconnu dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse". Ainsi commence "Bonjour tristesse". Des pièces de théâtre, de nombreux romans ont suivi. Françoise Sagan écrit elle-même en 1998 sa rubrique nécrologique dans Le Dictionnaire des auteurs, publié sous la direction de Jérôme Garcin: "Fit son apparition en 1954 avec un mince roman, 'Bonjour tristesse', qui fit un scandale mondial. Sa disparition, après une vie et une oeuvre également agréables et bâclées, ne fut un scandale que pour elle-même".

Interview de Françoise Sagan par Pierre Desgraupes (1959) pour "Cinq colonnes à la une".

Elle écrira par ailleurs de nombreux articles pour la presse, réalisera une pléthore d'entetiens et sera présidente du jury au Festival de Cannes en 1979 où la Palme revint ex-æquo à "Apocalypse Now" de Francis Ford Coppola et au "Tambour" de Volker Schlöndorff, au terme d'une lutte acharnée entre l'écrivaine et ses jurés , voulant absolument voir récompensé l'adaptation du roman Günter Grass.

Joueuse invétérée, une nuit, elle gagne une somme faramineuse au casino qui lui permet d'acquérir une maison en Normandie qu'elle ne quittera jamais. Même si elle disposait par ailleurs d'un appartement à Paris..

Françoise Sagan en 1954, quand elle publiait "Bonjour tristesse"

Françoise Sagan en 1954, quand elle publiait "Bonjour tristesse"

© STF / AFP

Née le 21 juin 1935 à Cajarc, dans le Lot, et morte le 24 septembre 2004 à l'hôpital de Honfleur d'une embolie pulmonaire, Françoise Sagan  n'est pas seulement un écrivain à succès, un personnage qui hantait les nuits parisiennes, même si l'alcool, le jeu, la vitesse, la cocaïne faisaient partie de sa panoplie littéraire. "Si tout était à recommencer, je recommencerais bien sûr, en évitant quelques broutilles : les accidents de voiture, les séjours à l'hôpital, les chagrins d'amour. Mais je ne renie rien", assurait-elle.


Une soirée intitulée "Sagan : il fait beau nuit et jour !" rendra hommage à la romancière lors de la Foire du livre de Brive, du 7 au 9 novembre, en présence de son fils Denis Westhoff, qui a créé en 2010 le prix Françoise Sagan et a écrit en 2012 "Sagan  et fils" et d'Anne Berest, auteure de "Sagan 1954", tous deux parus chez Stock.