Goncourt : la guerre des Editeurs

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 13H39, publié le 02/11/2011 à 11H07
Le jury du goncourt rassemblé autour de sa présidente Edmonde Charles-Roux

Le jury du goncourt rassemblé autour de sa présidente Edmonde Charles-Roux

© Herminie Philippe/AFP

Le Goncourt, c'est la récompense d'une oeuvre, d'un écrivain mais aussi et surtout le couronnement d'un Editeur. D'où l'enjeu et la guerre qu'ils se livrent. Gallimard l'a une nouvelle fois emporté face à Grasset et Actes Sud, avec "L'art français de la guerre" d'Alexis Jenni. Il faut dire que l'Editeur et ses filiales totalisaient le tiers des romans sélectionnés pour les six grands prix d'automne.

Le prix Goncourt, créé en 1903, pour récompenser chaque année "le meilleur ouvrage d'imagination en prose" est attribué presque exclusivement à un roman. Un chèque de ...10 euros est remis au lauréat, mais la "notoriété" qui en découle permettra à son œuvre de devenir un best seller. Ce prix, le plus illustre, ne peut être décerné qu'une seule fois à un même écrivain. Seule exception : Romain Gary qui l'a reçu en 1956 pour son roman les Racines du ciel, puis en 1975, sous le pseudonyme d'Émile Ajar, pour le roman La Vie devant soi. 

Polémique autour des deux éditeurs les plus souvent récompensés : Gallimard et Grasset. 

Les jurés du prix Goncourt se voient souvent reprocher un certain académisme mais aussi leur affiliation à des maisons d'édition (et plus précisément à trois éditeurs : Gallimard, Grasset et Le Seuil), qu'ils auraient tendance à privilégier au détriment des plus petites. 
Pour éviter la connivence des membres du jury avec ces grands éditeurs : depuis 2008, les jurés ont désormais l'interdiction d'en être salarié.

Mais la suspicion persiste. Le Prix Goncourt, à la différence d'autres prix littéraires prestigieux comme le Prix Pulitzer,  n'est pas constitué d'un jury « tournant »: ses membres ne sont pas remplacés d'année en année. L'âge des jurés est également un sujet de controverse, voire de raillerie constante.  Pour y remédier, l'Académie a changé son règlement en 2008, les jurés perdront désormais leur droit de vote à 80 ans.

Maisons d'éditions primées au moins deux fois :

Éditions Gallimard, 38 fois
Éditions Grasset, 17 fois
Éditions Albin Michel, 10 fois
Éditions Flammarion, Mercure de France et éditions du Seuil, 5 fois
Éditions Julliard, 4 fois
Éditions de Minuit, 3 fois
Éditions Plon, éditions Calmann-Lévy et éditions Fayard, 2 fois

Listes des Lauréats depuis 10 ans

1990 - Jean Rouaud, Les Champs d'honneur (Minuit)
1991 - Pierre Combescot, Les Filles du Calvaire (Grasset)
1992 - Patrick Chamoiseau, Texaco (Gallimard)
1993 - Amin Maalouf, Le Rocher de Tanios (Grasset)
1994 - Didier Van Cauwelaert, Un aller simple (Albin Michel)
1995 - Andreï Makine, Le Testament français (Mercure de France)
1996 - Pascale Roze, Le Chasseur Zéro (Albin Michel)
1997 - Patrick Rambaud, La Bataille (Grasset)
1998 - Paule Constant, Confidence pour confidence (Gallimard)
1999 - Jean Echenoz, Je m'en vais (Minuit)
2000 - Jean-Jacques Schuhl, Ingrid Caven (Gallimard)
2001 - Jean-Christophe Rufin, Rouge Brésil (Gallimard)
2002 - Pascal Quignard, Les Ombres errantes (Grasset)
2003 - Jacques-Pierre Amette, La Maîtresse de Brecht (Albin Michel)
2004 - Laurent Gaudé, Le Soleil des Scorta (Actes Sud)
2005 - François Weyergans, Trois jours chez ma mère (Grasset)
2006 - Jonathan Littell, Les Bienveillantes (Gallimard)
2007 - Gilles Leroy, Alabama song (Mercure de France)
2008 - Atiq Rahimi, Syngué sabour. Pierre de patience (P.O.L.)
2009 - Marie NDiaye, Trois Femmes puissantes (Gallimard)
2010 - Michel Houellebecq, La Carte et le Territoire (Flammarion)