Gallimard, 100 ans d'aventure littéraire à la BNF

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 13H39, publié le 11/05/2011 à 14H53
Gallimard, 100 ans d'aventure littéraire à la BNF

Gallimard, 100 ans d'aventure littéraire à la BNF

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Les éditions Gallimard célèbrent leur centenaire avec une exposition à la Bibliothèque nationale de France à Paris. Jusqu'au 3 juillet 2011, le public peut découvrir l'histoire de cette entreprise familiale qui publie plus d'un millier de livres par an.

L'origine de la maison Gallimard remonte en fait à 1909, année de la création de la Nouvelle Revue Française par André Gide et Jean Schlumberger. Ce sont ces deux écrivains qui ont voulu prolonger l'aventure, lui donner encore plus de sens en éditant des auteurs qu'ils appréciaient. En 1911, ils créent donc les éditions de la Nouvelle Revue Française dont la gérance est confiée au jeune Gaston Gallimard, que rien ne prédestinait à faire carrière dans l'édition (à 20 ans, il vivait comme un dandy, très "bourgeois bohème"). Ensemble, ils vont développer le livre en tant qu'objet, s'attachant à travailler la typographie, la qualité du papier, de l'impression. Le nom de Librairie Gallimard n'arrivera qu'en 1919 et avec lui de nouvelles collections mais aussi le fameux comité de lecture. Le visiteur de l'exposition pourra d'ailleurs découvrir les fiches de lecture des différents lecteurs qui sont souvent eux-mêmes des auteurs. Alban Cerisier, un des commissaires de l'exposition, explique l'importance de ces fiches : "Ce qui frappe", dit-il, " ce sont les divergences, car ces lecteurs plus qu'éclairés comprennent parfois les oeuvres de façon radicalement opposée. Quand l'un rejette tel manuscrit, l'autre le défend avec ferveur, ce qui nous renvoie l'instabilité des valeurs littéraires et nous rappelle que celles-ci se constituent à travers le temps". C'est ainsi qu'en 1912, Gide, Schlumberger et Gallimard reçoivent et lisent le manuscrit du premier tome de "La Recherche du temps perdu" de Marcel Proust. Schlumberger le refuse. C'est Grasset qui le publiera en 1913, à compte d'auteur. Mais Gaston Gallimard le reprend après la Seconde guerre mondiale et de quelle manière : il récupère les stocks de la première édition et appose sa couverture par dessus celle de Grasset. Même dans le milieu littéraire, le temps perdu ne se rattrape pas qu'avec des mots...

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