Françoise Mallet-Joris est morte à l'âge de 86 ans

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/08/2016 à 17H10, publié le 13/08/2016 à 13H50
Françoise Mallet-Joris en1991

Françoise Mallet-Joris en1991

© ANDERSEN ULF/SIPA

Françoise Mallet-Joris, romancière, auteure du "rempart des Béguines", est décédée à l'âge de 86 ans, a annoncé à l'AFP le romancier et journaliste Pierre Assouline, qui lui avait succédé à l'Académie Goncourt. L'écrivaine est décédée samedi matin dans un hôpital de la région parisienne, a précisé son fils Daniel Amadou.

Pseudonyme

La romancière à la double nationalité franco-belge, qui avait reçu le Prix Fémina pour "L'empire  céleste" en 1958, était membre de l'Académie royale de langue et de littérature  françaises de Belgique depuis 1993. Elue à l'Académie Goncourt en 1971, elle en fut membre jusqu'en 2011.

Admiratrice de Colette, Françoise Mallet-Joris a notamment écrit des récits  autobiographiques comme "Lettre à moi-même", "La maison de papier", un de ses grands succès, sur ses démêlés familiaux et domestiques, ou "La double  confidence", autour de sa mère.
Françoise Mallet-Joris en 2005

Françoise Mallet-Joris en 2005

© PIERRE VERDY / AFP
Née Françoise Lilard à Anvers (Belgique) en 1930, elle était la fille du ministre de la Justice Albert Lilard et de l'écrivaine Suzanne Lilar. Ne pouvant publier à 19 ans sous son nom "Le Rempart des Béguines", en raison de son caractère par trop "sulfureux", elle prend le pseudonyme de Mallet, puis lui adjoint en 1951 Joris, pour sa consonance belge.

Ce roman aux relents de scandale, pour raconter les amours lesbiens entre une adolescente et la maîtresse de son père, fut adapté au cinéma, avec sa participation au scénario, sous le titre éponyme, par Pierre Casaril en 1972. Françoise Mallet-Joris donnera une suite à ce succès en 1955 : "La Chambre rouge".

Parolière

"Françoise avait vraiment une sensibilité qui a beaucoup compté pour influencer les choix des académiciens (du Goncourt), les inciter à lire des  livres vers lesquels ils ne seraient pas allés spontanément", s'est souvenu  Pierre Assouline.

Mariée trois fois, cette grande fumeuse aux yeux bleus et aux cheveux blonds a eu quatre enfants. Elle avait bousculé le milieu littéraire en se passionnant pour la chanson de variétés et le show-business, écrivant notamment des textes comme "La Parisienne" (1976) pour la chanteuse Marie-Paule Belle,  avec laquelle elle a longtemps vécu.
Marie-Paule Belle : "La Parisienne" (TV)
"Je lui dois tout... Je suis née une deuxième fois grâce à elle. Je ressens une peine immense", a confié, en sanglots, son ancienne compagne.

Féministe, Françoise Mallet-Joris "a eu une grande audience notamment chez  les femmes mais pas que chez les femmes", a souligné Pierre Assouline. "Ce  n'était pas qu'une romancière pour femmes, contrairement à ce que l'on a pu  dire en raison de ses engagements féministes", a-t-il ajouté.

Son dernier roman, "Ni vous sans moi, ni moi sans vous" avait été publié en  2007 chez Grasset. Elle vivait ces dernières années en Belgique, mais elle  était revenue en France en début d'année pour des raisons de santé.