Le prix Orange du Livre à Vincent Message pour "Défaite des maîtres et possesseurs"

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/06/2016 à 09H22, publié le 10/06/2016 à 09H18
L'écrivain Vincent Message ici en 2009.

L'écrivain Vincent Message ici en 2009.

© MIGUEL MEDINA / AFP

Le romancier Vincent Message a reçu le 9 juin le prix Orange du Livre pour son deuxième "Défaite des maîtres et possesseurs" (Seuil), un conte philosophique cruel et haletant sur l'avenir de l'humanité : et si l'on faisait subir à l'homme ce qu'il fait endurer aux autres espèces de la planète ?

Le Prix Orange du Livre récompense, depuis 2009, une oeuvre littéraire écrite en français et publiée entre le 1er janvier et le 31 mars de l'année en cours. Vincent Message a été choisi pour son livre "Défaite des maîtres et possesseurs", publié au Seuil au début de l'année. Ce que l'homme a fait aux animaux, une autre espèce peut le lui faire subir, dit en substance le deuxième roman de Vincent Message. 

Les nouveaux maîtres

Dans un monde qui ressemble furieusement au monde que nous connaissons  aujourd'hui, l'espèce humaine n'est plus dominante. Les nouveaux maîtres, extraterrestres humanoïdes (des "Stellaires" appelés "démons" ou "anges") ont divisé les êtres humains en trois catégories : ceux qui tiennent compagnie, ceux qui travaillent et ceux que l'on mange.

L'histoire est racontée par Malo Claeys, un "Stellaire". Une jeune femme, Iris, une humaine, est à l'hôpital. Pour être opérée, elle a besoin d'être identifiée par ses papiers mais elle n'en a pas. On pense évidemment aux clandestins, immigrés sans papiers, privés de droits. Destinée à la boucherie, Iris a été sauvée de l'abattage par Malo, un fonctionnaire chargé de l'inspection de ces abattoirs. Dans le monde décrit par  Vincent Message, les relations entre humains et nouveaux maîtres sont interdites. Le geste de Malo s'apparente à une hérésie. Petit à petit, Malo va prendre conscience de la cruauté de la politique  d'asservissement systématique de l'espèce humaine. Existe-t-il un moyen de résister à l'ordre établi ?

La définition de l'humain 

Bien sûr, ce monde est proprement terrifiant mais le sort que l'homme réserve aujourd'hui aux animaux n'est-il pas lui-même absolument terrifiant, fait remarquer Vincent Message, jeune auteur de 33 ans. Le roman dont le titre s'inspire d'un texte de Descartes (les hommes sont "maîtres et possesseurs de la nature") aborde des thèmes plus vastes comme la crise écologique, les rapports de domination et de servitude, la définition de  l'humain.

Quatre autres livres étaient en lice : "86, année blanche" (Liana Levi) de Lucile Bordes, "La Grande Arche" (Gallimard) de Laurence Cossé, "Et que celui qui a soif, vienne" (Rouergue) de Sylvain Pattieu et "Le grand marin"  (L'Olivier) de Catherine Poulain. L'an dernier c'est Fanny Chiarello qui avait été distinguée pour son roman  "Dans son propre rôle" (L'Olivier).