"Soumission" de Houellebecq, numéro un des ventes dans trois pays européens

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/02/2015 à 16H34, publié le 10/02/2015 à 16H20
Michel Houellebecq à Cologne en janvier 2015

Michel Houellebecq à Cologne en janvier 2015

© Martin Meissner/Sipa

Le roman de Michel Houellebecq "Soumission" caracole en tête des ventes depuis sa sortie en France le 7 janvier, le jour de la tuerie de Charlie Hebdo, mais aussi en Allemagne et en Italie où il est paru mi-janvier: "du jamais vu", selon Flammarion.

"Du jamais vu"

"Être en tête des ventes dans trois pays européens en même temps, c'est du jamais vu de mémoire d'éditeur", a confié mardi à l'AFP son éditeur français. "Houellebecq a même détrôné en Italie le dernier Umberto Eco", relève Flammarion. Tiré à 250.000 exemplaires dans l'Hexagone, "Soumission" a été numéro un des ventes, toutes catégories confondues, dès la première semaine.

L'histoire

2022, François, la quarantaine, est professeur de littérature du XIXe à la Sorbonne, spécialiste de Huysmans. Il vit dans le XIIIe arrondissement de Paris, n'a ni femme, ni enfants, ni amis. Il enchaîne d'une année sur l'autre les relations avec ses étudiantes, sans grande conviction. François fait ses courses au Géant Casino et participe mollement à la vie sociale universitaire.

"En attendant la mort, il me restait le Journal des dix-neuvièmistes", constate-il. Sa dernière histoire avec Myriam, une étudiante de 22 ans très sexy, vient de se terminer, et il réalise qu'il aura du mal à s'en remettre. En France, le climat social est tendu, des voitures brûlent, des bandes attaquent sans qu'aucun média n'en rende compte (black-out sur la violence urbaine). Côté politique, Hollande achève son second mandat, Valls est toujours Premier ministre (!), et la campagne des présidentielles bat son plein.

François, qui s'est toujours senti "aussi peu politisé qu'une serviette de toilette", s'intéresse néanmoins à l'élection qui se prépare. Avec la mort lente des partis classiques, l'usure du principe d'alternance caractérisant la vie politique en France depuis des décennies, et la progression constante de l'extrême-droite, le paysage politique a vu la naissance d'un nouveau parti musulman modéré. Résultat : un second tour inédit se profile, qui devrait voir s'opposer Marine Le Pen et Mohammed Ben Abbes, le chef de file de la Fraternité musulmane. La suite réserve quelques surprises, qui font fuir à la campagne le héros de cette fable, jusqu'à ce qu'il finisse par se ranger, pour des raisons plus pratiques qu'idéologiques ou spirituelles, du côté des vainqueurs.