Séisme de Kumamoto : l'écrivain Haruki Murakami apporte son soutien aux victimes

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/04/2016 à 09H29, publié le 20/04/2016 à 09H26
Haruki Murakami en novembre 2014 à Berlin.

Haruki Murakami en novembre 2014 à Berlin.

© Robert Schlesinger/picture alliance / Robert Schles/MaxPPP

Le célèbre romancier et nouvelliste japonais Haruki Murakami, auteur notamment "d'Après le tremblement de terre", a annoncé la création d'un fonds d'aide aux victimes de la série de séismes survenue dans le sud-ouest du Japon, "pour faire ne serait-ce qu'un petit quelque chose d'utile".

"Je suis on ne peut plus inquiet", a écrit l'auteur de "Kafka sur le rivage" ou "1Q84" sur le site internet du magazine CREA, message accompagné des coordonnées bancaires de ce fonds spécial appelé "Fonds Surume Kumamoto".

Apporter aux victimes un "confort réel et persistant"

En japonais, "surume" signifie calamar sec, un populaire en-cas d'apéritif, un peu caoutchouteux. Le nom a été choisi entre autres pour signifier qu'à l'instar du surume, le fonds apportera un réconfort "réel et persistant". Le romancier, mondialement connu pour sa vision non conventionnelle et souvent désenchantée de la vie moderne, s'est senti d'autant plus affecté qu'il a visité en juin dernier la ville de Kumamoto, durement frappée par cette vague exceptionnelle de secousses telluriques qui ont fait 47 morts et plus d'un millier de blessés.    Cette action caritative est menée en collaboration avec le périodique pour lequel Murakami avait justement écrit le récit de son voyage à Kumamoto, "un très agréable séjour" au cours duquel il a fait de nombreuses connaissances.

Le sujet des séismes et de leurs conséquences était le thème de son recueil de nouvelles "Après le tremblement de terre", écrit à la suite du séisme de Kobe qui avait tué quelque 6.400 personnes dans cette ville du sud-ouest du Japon en 1995.

Un écrivain qui intervient rarement sur la place publique

Haruki Murakami, qui s'exprime extrêmement peu en public, répond rarement aux sollicitations de la presse et ne passe jamais à la télévision, réagit parfois à des faits tragiques ou des mouvements qui le touchent  particulièrement. Coureur de fond, il avait écrit dans The New Yorker un émouvant article après le double attentat survenu lors du marathon de Boston en 2013. Lors d'une remise de prix en Espagne, il avait aussi exprimé un point de vue antinucléaire après l'accident de Fukushima en 2011 et a soutenu ensuite la révolte étudiante à Hong Kong en 2014.

D'autres personnalités se sont également mobilisées ces derniers jours pour Kumamoto, notamment des dessinateurs, à l'initiative de Tetsuya Chiba, créateur du manga "Ashita no Joe", qui a appelé ses pairs à réaliser des illustrations  avec la mascotte de la région de Kumamoto, l'ours noir Kumamon. Il avait fait  de même après le 11 mars 2011. Ces dessins de très nombreux et parfois illustres "mangaka" sont notamment  postés sur Twitter avec l'étiquette générique en japonais "dessins d'encouragement à Kumamon".