Porto, la ville qui a inspiré J. K. Rowling pour sa saga Harry Potter

Par @Culturebox
Publié le 29/07/2016 à 11H31
Des touristes dans l'escalier de la librairie Lello, à Porto, le 25 juillet 2016.

Des touristes dans l'escalier de la librairie Lello, à Porto, le 25 juillet 2016.

© MIGUEL RIOPA / AFP

De la librairie néogothique Lello au Café Majestic, le centre historique de Porto aurait fortement inspiré J. K. Rowling pour l'écriture des sept tomes best-seller "Harry Potter" au début des années 90. A l'occasion de la première mondiale de la pièce "Harry Potter et l'enfant maudit" à Londres, ce samedi, retour sur les traces du célèbre sorcier à la cicatrice.

Avec sa devanture néogothique, le temps semble s'être arrêté devant la librairie Lello, à Porto. Ce temple de la littérature, plus que centenaire, paraît appartenir à l'univers du célèbre sorcier imaginé par J. K. Rowling. Des livres du sol au plafond, des boiseries sculptées, des vitraux bleu, rouge et or… "Ouah ! C'est fou comme ça ressemble à Harry Potter !", s'exclame Ines Pinto, 11 ans, qui se précipite sur la pile de livres du magicien disposée à l'entrée du magasin.

"Harry Potter, c'est un mythe qui nous sert très bien"

Pour les fans de la romancière anglaise, qui a vécu à Porto au début des années 90, il n'y a pas de doute : c'est ici qu'elle a puisé son inspiration pour sa saga best-seller en sept tomes. "Pour moi, c'est l'image même de la librairie Fleury et Bott où les jeunes sorciers achètent leurs manuels de magie", renchérit auprès de l'AFP Nerea Moyeno, une touriste espagnole de 24 ans. Une ressemblance qui a fait la renommée de la librairie et attire les curieux. A tel point que l'entrée est payante depuis un an. Les visiteurs doivent débourser trois euros, déductible de l'achat d'un livre. "Harry Potter, c'est un mythe qui nous sert très bien", reconnaît José Manuel Lello, 59 ans, arrière-petit-fils d'un des deux frères fondateurs. Avec plus de 3.000 visiteurs par jour, il espère ainsi "réguler l'afflux de touristes" et "les transformer en lecteurs".

A l'occasion de la première mondiale de la pièce "Harry Potter et l'enfant maudit" à Londres, ce samedi, le libraire a commandé 5.000 exemplaires du script pour la fête qu'il organise. Plusieurs milliers de fans sont attendus. Ils pourront apprécier les couleurs d'origine de la librairie, fraîchement restaurée grâce à l'argent récolté auprès des visiteurs. "On retrouvera l'ambiance d'il y a 110 ans" lors de la fondation de la librairie, explique le propriétaire. L'échafaudage qui cache depuis avril la vue sur l'imposant double escalier en bois sculpté aux marches écarlates sera alors retiré. Même si cet escalier n'est pas mouvant comme ceux de l'école de sorcellerie Poudlard, il marque les esprits par sa ressemblance avec le décor de Harry Potter.

"Des touristes nous ont suggéré de mettre une plaque"

Fidèle cliente de Lello, alors qu'elle enseignait l'anglais dans un institut de langues de 1991 à 1993, Joanne Kathleen Rowling a couché ce décor sur le papier au Café Majestic. Assise à l'une des tables basses en marbre blanc sous les lustres Belle époque, elle y écrivait une partie du premier tome de son oeuvre, "Harry Potter à l'école des sorciers". Elle était alors une cliente parmi d'autres dans ce haut lieu de la vie intellectuelle et culturelle de Porto. Ce n'est qu'après le succès planétaire rencontré à partir de 1997 que les vendeurs de Lello et les serveurs du Majestic ont fait le lien. "Des touristes nous ont suggéré de mettre une plaque pour marquer le passage de l'auteur, mais nous ne savons pas encore où la mettre", confie Fernando Barrias, fils du propriétaire du café légendaire qui a compté parmi ses clients l'actrice Romy Schneider et l'écrivaine Anna Gavalda.
Café Majestic, Porto, le 25 juillet 2016.

Café Majestic, Porto, le 25 juillet 2016.

© MIGUEL RIOPA / AFP
L'ancien mari de J. K. Rowling, le journaliste portugais Jorge Arantes, se souvient qu'ils avaient l'habitude de s'y rendre. Il habite toujours la maison marron et vert où avait emménagé le couple après son mariage en 1992. En pleine nuit, en novembre 1993, une dispute éclate et il met la romancière à la porte. Deux semaines plus tard, J. K. Rowling, alors âgée de 28 ans, quitte définitivement le Portugal, emmenant son bébé de quatre mois. "J'avais espéré qu'en rentrant du Portugal, j'aurais un livre fini sous le bras. En fait, j'ai eu quelque chose d'encore mieux : ma fille Jessica", écrira-t-elle plus tard sur son site officiel.

Un jeu de piste Harry Potter dans Porto

Plus de 20 ans après son départ, Bruno Correia fait découvrir aux visiteurs les lieux de Porto qui auraient inspiré la romancière. Un jeu de piste qui les conduit d'une tour semblable à celle où meurt Albus Dumbledore, le directeur de Poudlard, aux jardins du Palais de Cristal qui rappellent la Forêt interdite, en passant par l'université où déambulent les étudiants, capes noires sur les épaules, leur uniforme traditionnel. "Leurs tenues ressemblent beaucoup à celles des jeunes sorciers", raconte le guide de 33 ans, lui-même fan depuis son adolescence. "Les touristes les appellent même les "Harry Potter".