Nina Yargekov, prix de Flore, pour "Double nationalité"

Par @Culturebox
Publié le 08/11/2016 à 18H56
Café de Flore © Eliot Blondet / AFP

La romancière Nina Yargekov a reçu mardi le prix de Flore pour "Double nationalité" (P.O.L.) un roman jubilatoire sur la perte de la mémoire et l'identité.

Nina Yargekov a été choisie au deuxième tour par 7 voix contre 3 à Cédric  Gras ("Anthracite", Stock) et également 3 voix à Boris Bergmann ("Déserteur",  Calmann-Levy). Le thème de l'identité est constant chez la romancière âgée de 36 ans et  d'origine hongroise. Dans "Tuer Catherine" (2009), la narratrice cherchait à se débarrasser de "Catherine", une entité qui avait pris possession d'elle.Dans "Vous serez mes témoins" (2011), une femme trop triste finissait  devant un tribunal pour imposture émotionnelle.
 
"Double nationalité" reprend ce thème de façon loufoque et irrésistible.  Qui est Rkvaa Nnoyeig, la narratrice? On la découvre dans un aéroport parisien,  avec une valise (normal dans un aéroport), un diadème dans les cheveux (on  commence à s'interroger) et deux passeports, deux téléphones portables, deux  porte-monnaie dans son sac! Rkvaa est totalement amnésique! Elle ne se souvient  de rien sinon qu'elle aime... Enrico Macias.
 

Peut-on avoir deux nationalités ?

 
Si l'on rit souvent en lisant "Double nationalité" (près de 700 pages) on ne peut s'empêcher de s'interroger sur des questions graves : peut-on avoir deux cultures, deux nationalités, deux langues? Dans le roman, la France a décidé d'interdire la double nationalité et cela évoque évidemment certains thèmes d'actualité alors qu'on assiste, selon la  romancière, à un "renouveau fasciste en Europe".
 
Le jury du prix de Flore, présidé par Frédéric Beigbeder, était composé de Jacques Braunstein, Manuel Carcassonne, Carole Chrétiennot, Michèle Fitoussi,  Jean-René Van Der Plaetsen, François Reynaert, Jean-Pierre Saccani, Bertrand de  Saint-Vincent, Christophe Tison, Philippe Vandel et Arnaud Viviant. Le prix consiste en un chèque de 6.100 euros ainsi qu'un verre de Pouilly  gravé au nom du lauréat, "à consommer sans modération" durant une année au Café  de Flore, à Paris. L'an dernier, le prix avait été attribué à Jean-Noël Orengo pour "La Fleur  du capital" (Grasset).