Musique de films : Bruno Coulais honoré

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 26/10/2011 à 13H42
Le compositeur Bruno Coulais

Le compositeur Bruno Coulais

© SANCHEZ OLIVIER/SIPA

Le compositeur de la musique des films « Microcosmos », « Océan », « Le Peuple migrateur » ou « Les Rivières pourpres » s’est vu remettre le 6e prix France Musique – Sacem de la musique de film. Bruno Coulais a été récompensé le 25 octobre au Trianon, à Paris, pour la partition du film de Benoît Jacquot « Au fond des bois », sorti l’année dernière.

Chaque année, France Musique et la Sacem récompensent un compositeur de musiques de film parmi une sélection de quatorze œuvres européennes écrites pour l’écran. La distinction n’est pas seulement honorifique, le lauréat recevant la commande de la part de Radio France d’une œuvre, exécutée en première mondiale l’année suivante.

Tremblement de terre
Distingué en 2010 pour la musique du film de Marco Bellochio « Vicente », c’est le compositeur italien Carlo Crivelli qui s’y collait cette année. Cette sixième cérémonie, présentée par Thierry Jousse, critique aux Cahiers du Cinéma, s’est donc ouverte avec l’exécution de « Rondeau pour l’Aquilla pour picolo et orchestre », spécialement écrite pour l’occasion. L’œuvre a été inspirée par le terrible tremblement de terre qui a touché la ville d’Aquilla, dans les Abruzzes italiennes, le 6 avril 2009 qui a fait 308 victimes. Carlo Crivelli, habitant d’Aquilla et qui y a perdu sa maison, profondément meurtri par cette perte et la reconstruction catastrophique de la ville, a composé une partition dominée par les percussions, des violons tout en staccato et les notes stridentes du piccolo.

Au fond des bois
Dirigé par Gwennolé Rufet, l’orchestre de Radio France, au grand complet, a enchaîné avec l’œuvre lauréate 2011, « Au fond des bois » de Bruno Coulais. Magnifique partition pleine de mystère et d’accents fantastiques, où les cordes, que le compositeur magnifie dans toutes ses compositions, évoquent l’ambigüité du film qui voit à la fin du XIXe siècle une jeune villageoise suivre un vagabond, fascinée par son emprise, toute vampirique. Benoît Jacquot avait demandé à Bruno Coulais d’écrire en amont du tournage cette partition, pleine d’ambiance qui, au final, évoque l’atmosphère oppressante et les sentiments contraires qui habitent le film.

Desplat et Yared en attendant Coulais
L’orchestre enchaînait ensuite avec « Le Discours d’un roi » du talentueux et très demandé Alexandre Desplat (« Harry Potter », « Benjamin Button », « The Queen »…) Composition plus classique, elle évoque le milieu aristocratique dans lequel se déroule l’histoire, ainsi que le drame intime qui s’y joue. Enfin, « Le Talentueux Mr Ripley » de Gabriel Yared a conclu brillamment le concert avec une verve que relevait l’usage du bandonéon au cœur d’une approche colorée de l’orchestre.

Le choix de Bruno Coulais pour cette édition 2011 est des plus heureux, récompensant un des meilleurs compositeurs français, lauréat d’un César en 1997 pour « Microcosmos » qui lui valut également une Victoire de la musique. Faisant souvent appel au chœur et à une riche orchestration, Bruno Coulais est fidèle aux cinéastes qui font appel à lui, comme Jacques Perrin, Frédéric Schoendorffer ou James Huth. Il travaille en ce moment sur la comédie d’Alain Chabat, « Houba ! Le marsupilami et l’orchidée de Chicxulub », adapté du personnage de Franquin.

La prochaine édition du prix France Musique – Sacem de la musique de film verra donc la création mondiale d’une pièce spécialement écrite de Bruno Coulais : grand bien soit-il !