Murakami aux étudiants contestataires de Hong Kong : "Changez le monde"

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/03/2015 à 10H18, publié le 03/03/2015 à 10H17
Haruki Murakami en 2011.

Haruki Murakami en 2011.

© IVAN GIMENEZ / TASQUETS EDITORES / AFP

Le japonais Haruki Murakami, écrivain admiré de par le monde mais rare dans les médias, communique intensément avec ses lecteurs via un site internet créé depuis peu. Dans un message diffusé récemment, il évoque notamment la situation à Hong Kong et déplore que les manifestations d'étudiants se soient arrêtées, mais juge que ces mouvements pro-démocratiques de l'an passé n'ont pas été vains.

Haruki Murakami est l'un des écrivains japonais contemporains les plus lus à  travers le monde. Depuis plusieurs semaines, l'auteur de "1Q84" et de "Kafka sur le rivage" répond via un site dédié aux questions de lecteurs, sur différents sujets, ne retenant que ce qu'il souhaite.

"Les manifestations des étudiants n'ont pas été vaines"

Interrogé par une femme de 22 ans qui a pris part à ces protestations de septembre à décembre 2014, il répond : "Je regrette que beaucoup de choses ne se passent pas comme on espérait". "Mais ce que vous avez fait pour la démocratisation ne sera pas vain. Cela reste un fait et personne ne peut l'ignorer". Et le même d'encourager son interlocutrice : "Changez le monde, même un peu seulement. Je vous accorde mon soutien".

La question de cette jeune femme n'était pas anodine : en novembre, Haruki Murakami avait adressé un message de soutien aux manifestants de Hong Kong, comparant leur lutte démocratique à celle qui a fait tomber le Mur de Berlin 25 ans plus tôt. Au plus fort de la mobilisation de l'automne, 100.000 personnes avaient occupé des quartiers entiers de l'ex-colonie britannique pour réclamer davantage de libertés politiques.

Le devoir des écrivains : passer à travers les murs qui séparent les gens

En décembre, fortes de la lassitude d'une partie des sept millions de Hongkongais face aux embouteillages et aux perturbations économiques, les autorités avaient démantelé les campements. Haruki  Murakami avait à ce moment imputé les conflits en cours dans le monde entier - dont les manifestations à Hong Kong et les violences à Gaza - à un système de murs qui séparent les gens. Maintes fois pressenti comme un lauréat du prix Nobel de littérature, il avait jugé du devoir des romanciers d'aider les lecteurs à passer à travers ces murs.
  
Celui qui ne se montre pour ainsi dire jamais, ne passe ni à la télévision ni à la radio et n'accepte que très peu d'entretiens avec la presse écrite, a ouvert mi-janvier un site temporaire, "Murakami-san no tokoro" (L'espace de M. Murakami) où il répond "dans la mesure du possible" aux questions très  éclectiques d'internautes. Les réponses sont parfois aussi très folkloriques, Murakami ne manquant ni d'humour ni de malice pour contourner les sujets épineux.