Mort de Yachar Kemal, grande figure de la littérature turque

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/02/2015 à 18H52, publié le 28/02/2015 à 18H07
L'écrivain Yachar Kemal en 2008.

L'écrivain Yachar Kemal en 2008.

© ERHAN SEVENLER / ANADOLU AGENCY

Il était une figure incontournable de la littérature turque, traduit dans le monde entier et plusieurs fois cité comme pouvant obtenir le prix Nobel : l'écrivain Yachar Kemal est mort ce samedi 28 février dans un hôpital d'Istanbul à l'âge de 92 ans. Il était notamment l'auteur de la saga des "Mèmed le mince".

Hospitalisé depuis le mois de janvier, Yachar Kemal est décédé des suites de complications survenues après une infection pulmonaire et d'arythmie cardiaque, ont expliqué ses médecins cités par l'agence de presse gouvernementale Anatolie.

Ecrivain kurde, très engagé politiquement

Né en 1923 à Osmaniye, dans le sud de la Turquie, de son vrai nom Sadık Kemal Gögçeli, Kemal a dû très jeune abandonner ses études et exercer de nombreux métiers avant de devenir journaliste au début des années 1950. C'est à Instanbul, intégré à la rédaction du quotidien national Cumhuriyet, qu'il prend comme nom de plume Yasar (Yachar) Kemal. 
"Mèmed le Mince" © Gallimard
Il rencontre le succès dès son premier roman, "Mèmed le mince", écrit en 1955, et qui a, depuis, été traduit en plus de 40 langues et l'a rapidement imposé sur la scène littéraire internationale. Suivront une vingtaine de romans et autant de reportages et de nouvelles, souvent adaptés au théâtre et au cinémaL'écriture de Kemal, d'une richesse devenue célèbre en Turquie, s'est nourrie des contes et des légendes de son pays. Elle raconte notamment les difficultés sociales du paysan d'Anatolie face à l'industrialisation forcée du pays. 

D'origine kurde, il était également un intellectuel militant, engagé à gauche et pour la cause kurde, ce qui lui valu de nombreux procès, une peine d'emprisonnement, après le coup d'Etat militaire de 1971, et un exil de quelques années en Suède.

Longtemps nobélisable

Yachar Kemal a remporté de nombreux prix et son nom a souvent été cité pour devenir le premier écrivain turc à décrocher le Nobel de littérature, une consécration qui sera finalement accordée en 2006 à Orhan Pamuk.

"La tristesse est immense dans nos coeurs. La Turquie et l'humanité ont perdu une grande âme", a réagi samedi le ministre de la Culture Omer Celik sur 
son compte Twitter.