Michel Tournier a été inhumé lundi chez lui, à Choisel

Par @Culturebox
Publié le 25/01/2016 à 18H49
Michel Tournier en 2005 dans le jardin de sa maison de Choisel.

Michel Tournier en 2005 dans le jardin de sa maison de Choisel.

© Catherine Gugelmann / AFP

Des figures de l'édition et du journalisme, dont Antoine Gallimard et Bernard Pivot, ont assisté lundi après-midi aux obsèques de l'écrivain Michel Tournier, mort le 18 janvier à l'âge de 91 ans. Une cérémonie qui s'est déroulée dans l'église jouxtant le presbytère qu'il habitait depuis plus de trente ans à Choisel, un petit village de la Vallée de Chevreuse, dans les Yvelines.

Tournier avait choisi l'Académie Goncourt plutôt que l'Académie française

"Une vie toute concentrée sur l'écriture, la création. Il voulait écarter le péril de ne plus être lu. Telle était sa hantise", a rappelé son éditeur, Antoine Gallimard, lors d'un éloge funèbre.

Plusieurs membres de l'académie Goncourt, dont Didier Decoin, Paule Constant et Bernard Pivot, étaient également présents à la cérémonie pour rendre hommage à leur pair. Michel Tournier avait reçu le prix Goncourt - "exploit unique, à l'unanimité", a souligné Bernard Pivot - pour "Le roi des Aulnes" en 1970, avant d'en devenir juré deux ans plus tard.

"Ca n'est pas toutes les années qu'on a la certitude de voir naître un grand écrivain", a expliqué le journaliste, ami de longue date de Michel Tournier, en rendant hommage "à l'un des membres les plus actifs, les plus influents" de l'académie Goncourt.

Michel Tournier avait privilégié cette dernière plutôt que l'Académie française, qui l'avait sollicité à la même époque: "Son maître, Emile Zola, s'était présenté 19 fois à l'Académie française, avait été recalé 19 fois: pour Tournier, refuser la Coupole, c'était venger Zola!", a ironisé Bernard Pivot, en évoquant "le rire" et "le sourire" du romancier.

Sa grande fierté : être lu par des millions d'enfants

Antoine Gallimard a pour sa part estimé que "son Nobel aura été d'avoir été lu par des millions d'enfants, c'était sa grande fierté", notamment grâce à "Vendredi ou la vie sauvage", adaptation pour la jeunesse de "Vendredi ou les limbes du Pacifique", son premier roman paru en 1967.

Outre quelques figures de l'édition et du journalisme, dont Noëlle Châtelet ou Franz-Olivier Giesbert, des dizaines d'anonymes ont assisté aux obsèques, principalement des voisins de Choisel, le petit village de 500 habitants de la vallée de Chevreuse, à une cinquantaine de kilomètres de Paris, où l'écrivain se rendait régulièrement depuis les années 50 avant d'en racheter le presbytère à la fin des années 70.

Michel Tournier avait préparé son épitaphe depuis de longues années: "Je t'ai adorée, tu me l'as rendu au centuple, merci la vie", désormais gravée sur sa pierre tombale, au milieu du petit cimetière qui jouxte le presbytère.