Kamel Daoud récompensé du Prix Jean-Luc Lagardère du "journaliste de l'année"

Par @Culturebox
Mis à jour le 14/04/2016 à 19H16, publié le 14/04/2016 à 19H13
Kamel Daoud en 2015.

Kamel Daoud en 2015.

© ULF ANDERSEN / Aurimages

L'écrivain algérien Kamel Daoud, prix Goncourt du premier roman 2015, cible de menaces de mort en Algérie pour ses propos sur l'islam et critiqué en France, a reçu le prix Jean-Luc Lagardère du "journaliste de l'année" pour ses chroniques dans Le Point, a annoncé Lagardère.

L'écrivain Kamel Daoud devait recevoir cette récompense jeudi 14 avril en présence du Premier ministre Manuel Valls et le président de Lagardère Active, Denis Olivennes. Le jury de 17 journalistes, présidé par Laurent Joffrin, a attribué à l'auteur de "Meursault, contre-enquête" ce prix doté de 10.000 euros, décerné en 2015 à la rédaction de Charlie Hebdo.

Kamel Daoud, cible de critiques et de menaces 

Kamel Daoud vient de remporter un procès en Algérie contre un prédicateur qui demandait son exécution publique pour "apostasie". Fin 2014 l'imam Abdelfatah Hamadache Ziraoui avait appelé les autorités algériennes à le condamner à mort après une intervention de Kamel Daoud dans une émission française, où il avait critiqué le rapport des musulmans à leur religion. Le mois dernier, la justice algérienne a condamné l'imam à six mois de prison dont trois ferme, une décision sans précédent. Kamel Daoud a estimé que  le tribunal correctionnel d'Oran (ouest) avait rendu une "décision courageuse".

Mais parallèlement le journaliste s'est retrouvé au coeur d'une polémique des deux côtés de la Méditerranée pour avoir dénoncé le "rapport malade à la femme" dans le monde arabo-musulman. Un groupe d'universitaires français l'a même accusé en février "d'alimenter les fantasmes islamophobes". Ce collectif réagissait à deux textes de Kamel Daoud sur les agressions sexuelles commises pendant la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne. Kamel Daoud y affirmait notamment que "le sexe est la plus grande misère dans le monde d'Allah" et que "la femme est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée".

"Nous vivons une époque de sommations"

Face aux critiques, plusieurs voix des deux côtés de la Méditerranée se sont élevées pour défendre Kamel Daoud, dont Manuel Valls qui a appelé à soutenir "sans aucune hésitation" l'écrivain. Son compatriote, le romancier Boualem Sansal, avait lui dénoncé "une forme de terrorisme intellectuel" contre Kamel Daoud. Mais ce dernier a annoncé en février qu'il renonçait au journalisme après ces accusations. "Nous vivons désormais une époque de sommations. Si on n'est pas d'un côté, on est de l'autre", a-t-il écrit. "Je vais donc m'occuper de littérature (...) j'arrête le journalisme sous peu". "Non pas abdiquer mais aller plus loin que le jeu de vagues et des médias".