Hommage choral à Benoîte Groult et à son féminisme "enjoué et sans tabou"

Par @Culturebox
Mis à jour le 21/06/2016 à 14H58, publié le 21/06/2016 à 14H53
Le féminisme n'était pas le seul combat de Benoîte Groult. Elle s'exprimait ici lors d'un rassemblement pour la "première journée mondiale" pour la légalisation de l'euthanasie, le 2 novembre 2008, jour des morts, sur le parvis des Droits de l'homme à Paris.

Le féminisme n'était pas le seul combat de Benoîte Groult. Elle s'exprimait ici lors d'un rassemblement pour la "première journée mondiale" pour la légalisation de l'euthanasie, le 2 novembre 2008, jour des morts, sur le parvis des Droits de l'homme à Paris.

© BORIS HORVAT / AFP

Une pluie d'hommages ont salué ce mardi 21 juin la mémoire de l'infatigable militante de la cause des femmes et romancière Benoîte Groult, décédée dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 96 ans.

"Avec Benoîte Groult disparaît une belle et grande figure du féminisme", écrit François Hollande dans un communiqué. "Journaliste, romancière, militante, elle a mené sa vie en pionnière. Précédant les causes et les luttes de son temps, Benoîte Groult ne voulait pas seulement exister pour elle-même, elle voulait faire voler en éclats les conservatismes, pour transformer la société et la mettre en accord avec ses convictions". "Benoîte Groult, c'était un sourire bienveillant. C'était une voix chaude. C'était une pensée exigeante. C'était un style ardent", poursuit le communiqué de l'Elysée.
3 décembre 2013, le Président Francois Hollande décore Benoîte Groult du grade de Grand Officier de l’Ordre national du Mérite.

3 décembre 2013, le Président Francois Hollande décore Benoîte Groult du grade de Grand Officier de l’Ordre national du Mérite.

© Christophe Petit Tesson /MAXPPP

"Son engagement, un véritable cri de révolte"

"Grande tristesse à l'annonce du décès de Benoîte Groult, grande romancière qui a montré la voie à tant de femmes", a ainsi indiqué sur son compte twitter, la secrétaire générale de la Francophonie, la Canadienne Michaelle Jean.Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a salué dans un communiqué la féministe engagée dans "tous les grands combats en faveur du  droit des femmes" et "une grande signature" de la littérature francophone. Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation, a rappelé de son côté combien l'écrivaine "avait ouvert le champ d'une écriture et d'un point de vue de femme sur la condition des femmes". "Son engagement, véritable cri de révolte, qu'elle a poursuivi à travers F Magazine, a inspiré quatre générations de féministes et le combat toujours actuel pour l'égalité entre les femmes et les hommes", a indiqué la ministre de l'Education.
Benoîte Groult, membre du jury du Festival de Cannes de 1977 (au centre, l'écrivaine est entre Roberto Rossellini et la comédienne Marthe Keller).

Benoîte Groult, membre du jury du Festival de Cannes de 1977 (au centre, l'écrivaine est entre Roberto Rossellini et la comédienne Marthe Keller).

© RALPH GATTI / AFP

Pour l'ex-ministre de la Justice, Christiane Taubira, l'auteure d'"Ainsi soit-elle" a effectué "une époustouflante traversée du siècle, dans la lignée des Immenses". Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la Culture, députée PS de Moselle a salué "la mémoire de Benoîte Groult, émouvante romancière et analyste de la  condition féminine et du temps qui passe". La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine a dit "adieu à la lumineuse Benoîte Groult". "Les femmes, les féministes lui doivent beaucoup. Une grande femme est partie, ses combats perdurent", a ajouté la ministre sur son compte twitter. "Son combat continue", a assuré Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la  Jeunesse et des Sports. A droite, Nathalie Kosciusko-Morizet a salué "l'immense écrivaine". "Ses combats demeurent. Ainsi soit-elle", a écrit la candidate aux primaires de la droite et du centre sur son compte twitter.

Pionnière de la parité, au "féminisme concret, enjoué et sans tabou"

Catherine Coutelle, présidente de la Délégation de l'Assemblée nationale aux Droits des Femmes et à l'Egalité des chances entre les hommes et les femmes, a salué de son côté "une grande féministe, pionnière de la parité et de la féminisation des titres". Danielle Bousquet, présidente du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE) a rappelé que le féminisme de Benoîte Groult était "concret, enjoué et sans tabou : du plaisir féminin aux tâches domestiques, en passant par l'engagement des hommes dans le féminisme ou les violences faites aux femmes".

"C'est elle qui souligna que "Le féminisme n'a jamais tué personne". Le  machisme tue tous les jours, a souligné la présidente du HCE. "Lisons et relisons ses romans ou ses essais, en particulier le brillant "Ainsi  soit-elle". Jusqu'au bout de sa vie, Benoîte Groult a incarné l'audace et la liberté", a-t-elle ajouté.