Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin héros d'un téléfilm

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 16/11/2012 à 18H05
Tournage à Lyon de "Alias Caracalla"

Tournage à Lyon de "Alias Caracalla"

© France 3/Culturebox

L'histoire de Daniel Cordier, le secrétaire de Jean Moulin, est l'objet du tournage d'un téléfilm à Lyon en ce mois de novembre 2012. Le réalisateur Alain Tasma a choisi pour son film le titre des mémoires de Daniel Cordier : "Alias Caracalla". Il bénéficie du regard de son héros qui, à 92 ans, vient régulièrement sur le plateau.

Alain Tasma a de la chance. Une chance qui lui complique un peu le travail, mais une chance quand même. Alors qu'il tourne à Lyon un téléfilm historique sur une période dont la plupart des grands noms ont déjà disparu, il bénéficie du regard de son héros. "Alias Caracalla" revient en effet sur l'action de Daniel Cordier dans la résistance.

Il est courant d'accoler au nom de Daniel Cordier la définition rapide et simpliste de "secrétaire de Jean Moulin". Il fut pourtant bien plus que cela. En 1942-1943, pendant la période ou l'ancien préfet de l'Eure-et-Loir est chargé par le général de Gaulle d'unifier les mouvements de résistance, il sera son adjoint direct, fidèle et efficace, sous le pseudonyme de Caracalla. L'ancien Camelot du roi que fut quelques années plus tôt Daniel Cordier changera d'opinion aux côtés de son chef, glissant peu à peu vers la gauche.

Après la guerre, il préfère garder le silence sur cette période tragique. Il ne reprendra la parole publiquement que dans les années soixante-dix afin de rétablir ce qu'il estime être des contre-vérités proférées à l'encontre de Jean Moulin. Il publie notamment une biographie exhaustive et très documentée qui fait date dans la littérature consacrée aux mouvement de résistance.

 

Daniel Cordier à Lyon sur le tournage d'"Alias Caracalla"

Daniel Cordier à Lyon sur le tournage d'"Alias Caracalla"

© France3/Culturebox

Dans une vision historique de son travail sur la Résistance, Cordier, pourtant témoin privilégié, s'est toujours méfié des témoignages reposant uniquement sur la mémoire des acteurs et a toujours privilégié l'étude des documents.

Par ses écrits, il réfute notamment la légende d'une Résistance unie et unanime quant aux fins et aux moyens. Le recul qu'il s'impose a considérablement renouvelé la vision collective que la France a entretenu au sortir du second conflit mondial, à une époque où le Gaullisme avait besoin de présenter l'image d'un pays uni dans l'adversité et le courage.

 

La couverture du livre de souvenirs de Daniel Cordier

La couverture du livre de souvenirs de Daniel Cordier

© Gallimard

 

Le film est tourné sur les lieux même où Daniel Cordier a vécu les épisodes retracés. Sa présence sur le plateau est parfois l'occasion pour lui et le réalisateur de discussions animées et de moments d'émotion.  Ce que raconte le film c'est bien sûr l'épopée d'un héros, mais aussi le récit des années de jeunesse d'un Monsieur de 92 ans qui se revoit ces jours-ci sous les traits d'un comédien de 17 ans, Jules Sadoughi.